Vendredi 15 mai, les présidents du Medef, de la CPME, de l’U2P, de la FNSEA et de l’Udes ont adressé une lettre au Premier ministre et à d’autres membres du gouvernement, consultée par La Tribune du Dimanche. Dans cette lettre, les organisations alertent le Premier ministre de leur désaccord concernant le souhait de Bercy de geler les allègements sur les charges salariales pour les entreprises. Pour ces organisations, cette mesure alourdirait le coût du travail, tandis que Bercy souhaiterait tenter de réduire les effets du conflit au Moyen-Orient sur les finances publiques. Geler les allègements des charges patronales leur permettrait donc d’atteindre cet objectif.

Si le gouvernement applique ce gel, il pourrait ainsi réaliser des économies à hauteur de deux milliards d’euros. Une bonne idée pour limiter le déficit donc, d’autant que le Smic doit augmenter en juin 2026 de 2,4 % et que, de ce fait, les allègements des charges patronales pèseraient encore plus lourd pour les finances publiques. Pour les organisations patronales, le moment est très mal choisi. «Il y aurait donc bien une double peine pour les entreprises et donc pour l’emploi, à savoir payer des salaires plus élevés et des cotisations patronales en hausse», écrivent les cinq organisations patronales dans cette lettre consultée par La Tribune Dimanche. D’autant que, selon elles, alourdir le coût du travail fragiliserait encore plus l’activité économique, alors que les entreprises peinent déjà à subir la hausse du coût des matières premières et le ralentissement de la demande.

Le patronat brandit l’emploi

Dans le courrier adressé à Matignon, les organisations patronales rappellent les conséquences que pourrait avoir le gel des allègements des charges sur les salaires. «Le redressement des finances publiques est une nécessité. Mais il ne peut se faire en frappant le travail, la production et la création de valeur», plaident-elles.

Avant cette lettre, le Mouvement des entreprises de taille intermédiaire s’était opposé à cette éventuelle mesure de Bercy. Selon ses calculs, le gel des allègements représenterait plus de 170 000 euros de masse salariale supplémentaire sur une année complète pour une entreprise industrielle de taille intermédiaire. Pour les économistes, les entreprises sont dans une situation bien plus délicate qu’en 2022. À ce moment-là, elles avaient eu les capacités d’absorber le choc de la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine. Mais selon Anthony Morlet-Lavidalie, économiste à Rexecode, cité par La Tribune, en 2026, elles ne peuvent plus se le permettre.