
Le gouvernement maintient son cap sur les allègements de cotisations sociales. Malgré la hausse du Smic prévue au 1er juin et les demandes insistantes du patronat, l’enveloppe dédiée aux exonérations restera inchangée. Le ministre de l'Action et des Comptes publics David Amiel a confirmé ce vendredi 22 mai sur TF1 que les allègements de charges sur les bas salaires seraient gelés dans les prochaines semaines. «Au 1er juin prochain, le gouvernement a décidé que l’enveloppe budgétaire dédiée aux allègements généraux n’augmentera pas. Elle ne baissera pas», a-t-il déclaré, insistant sur le respect du cadre budgétaire fixé.
Dans le même temps, le Smic sera revalorisé au 1er juin afin de suivre l’inflation. Une bonne nouvelle pour les salariés concernés, mais qui devrait créer un effet ciseau pour les entreprises : elles devront supporter une hausse des salaires sans bénéficier d’un ajustement des exonérations de cotisations sociales. Pour le gouvernement, cette décision s’inscrit dans une logique de ciblage des aides.
Des aides «ciblées et financées»
David Amiel défend une politique d’«aides ciblées et financées», estimant qu’une hausse généralisée des allègements en cours d’année, représentant «plus de deux milliards d’euros», ne serait ni efficace ni soutenable. Une telle mesure ne serait «ni ciblée» puisqu’elle bénéficierait à la fois à «des entreprises qui vont mal et des entreprises qui vont bien, des entreprises qui sont en première ligne face à la crise provoquée dans le détroit d’Ormuz et des entreprises qui le sont beaucoup moins, des entreprises qui augmentent les salaires et d’autres qui ne le font pas». Elle ne serait en outre «pas financée puisque ce n’était pas prévu dans le budget», a-t-il ajouté.
Le ministre a mis en garde : si les aides «ne sont pas financées aujourd’hui, ça sera une explosion des impôts demain pour les ménages comme pour les entreprises, et ça serait évidemment une très mauvaise nouvelle pour la compétitivité de l’économie». Du côté des entreprises, la décision passe mal. Les organisations patronales dénoncent un contexte défavorable, entre hausse des salaires et gel des allègements de charges. Pour la CPME, cette situation constitue une «double peine». Dans une lettre commune adressée le 15 mai au Premier ministre Sébastien Lecornu, la CPME, le Medef, l’U2P, la FNSEA et l’Udes ont dénoncé ce gel des exonérations, qu’ils jugent pénalisant pour l’emploi et la compétitivité.



















