Les petites entreprises françaises impactées par la guerre au Moyen-Orient ? Pour le moment, il semblerait que non à en croire le dernier baromètre Bpifrance Le Lab et Rexecode dévoilé par BFM. Selon les résultats de cette étude menée du 13 au 26 avril, les TPE/PME disent afficher une trésorerie stable voire en légère hausse malgré la hausse des prix des carburants et les problèmes liés au blocage du détroit d’Ormuz. Pour les trois prochains mois, les entreprises prévoient également une trésorerie en légère hausse.

Plus étonnant encore peut-être, le fait qu’une grande partie envisage d’investir cette année : les intentions d’investissement progressent en effet d'un point par rapport au trimestre précédent. Interrogé par l’AFP, le responsable du pôle macroéconomie de Bpifrance, Baptiste Thornary, avoue une «petite surprise» de ne pas constater «de dégradation majeure sur ces deux points ce trimestre». Cela ne veut pas dire pour autant que la guerre au Moyen-Orient n’a aucun impact sur ces TPE et PME.

Les hausses subies bientôt répercutées

En effet, les données collectées dans le cadre de ce baromètre Bpifrance Le Lab et Rexecode montrent que 62% des dirigeants interrogés disent avoir constaté un «impact négatif» du conflit, mais seul un quart l’évalue comme «important». Le secteur des transports est, par exemple, plus touché que les autres. Autre élément notable : les difficultés auxquelles ces sociétés font face ne sont pas exclusivement liées à la hausse des coûts de l’énergie.

Toutefois, à court ou moyen terme, en raison des hausses subies, les TPE/PME interrogées veulent les répercuter sur leurs prix. Un élément qui conforte les prévisions des analystes pour la fin de l’année alors que l’inflation a fortement augmenté au mois d’avril : les prix pourraient ainsi être tirés à la hausse rapidement.

Dernier thème abordé par ce baromètre : l’arrivée de l’intelligence artificielle dans les entreprises. Si de plus en plus de sociétés l’utilisent, ce n’est pas forcément dans un cadre formalisé, décrypte BFM. Mais plus de quatre dirigeants sur dix y voient un impact positif sur la productivité. Ils ne souhaiteraient en revanche pas utiliser l’IA pour «licencier des salariés», explique le directeur des études de Bpifrance Philippe Mutricy. Peu d’entreprises (18%) anticipent une baisse de leurs effectifs d’ici quatre ans.