L’inflation alimentaire mondiale se poursuit. D’après les chiffres publiés, vendredi 8 mai, par Food and Agriculture Organisation, l’institution spécialisée des Nations Unies, l’indice mondial des prix alimentaires a progressé de 1,6 % en avril par rapport au mois précédent. Ainsi, cela fait trois mois consécutifs que les prix des denrées augmentent. Un phénomène qui trouve son explication avec la guerre menée au Moyen-Orient, entraînant des tensions énergétiques et le blocage des perturbations au détroit d’Ormuz.

Si cette hausse reste modérée, elle confirme néanmoins une tendance installée depuis plusieurs mois. Dans le détail, le chef économiste de la FAO, Máximo Torero a alors expliqué «les huiles végétales» ont subi «de plus fortes hausses de prix, largement tirées par les cours du pétrole plus élevés». Leur prix a bondi de 5,9 % en avril, un taux jamais atteint depuis juillet 2022. Les prix des huiles de palme, de soja, de tournesol et de colza sont aussi affectés par la hausse des cours du pétrole, qui stimule la demande en biocarburants.

Rendements agricoles : des projections peu encourageantes à l’automne 2027

Le pire est-il à venir ? En effet, la FAO s’inquiète particulièrement des conséquences du conflit actuel sur le marché des engrais, puisqu’environ 30% du commerce mondial des engrais transite au sein du détroit d’Ormuz. Or la hausse des prix du gaz — indispensable à leur fabrication — accentue encore les tensions sur l’approvisionnement mondial !

Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, a ainsi prévenu, jeudi, que ces perturbations pourraient provoquer une baisse des rendements agricoles dans la seconde moitié de l’année et en 2027 : «L’agriculture fonctionne selon un calendrier qui ne peut pas être repoussé [...] Les engrais doivent être épandus à certains moments précis du cycle des cultures. S’ils n’arrivent pas au bon moment, les rendements sont réduits.»