
Le moral des dirigeants de très petites entreprises est au plus bas. Selon un baromètre de la Confédération nationale de l’artisanat des métiers et des services (CNAMS), 82% des chefs d’entreprise interrogés disent craindre pour la pérennité de leur activité. Un chiffre qui grimpe à 91% chez les TPE tournées vers l’export. Invité sur RMC ce mardi 12 mai pour commenter ces données, le président de la CNAMS, Laurent Munerot, décrit un climat d’attentisme généralisé.
«En ce moment avec tout ce qui se passe, forcément les gens sont inquiets. Les artisans sont inquiets également. Entre la guerre en Iran, où on ne sait pas où ça va et où Trump fait des annonces tous les deux jours qui sont un peu différentes, où le gouvernement a des atermoiements, notamment ce qui s’est passé pour le 1ermai (…), l’économie qui est un peu en berne. Voilà, tout le monde attend», explique-t-il. Selon lui, plusieurs facteurs alimentent cette inquiétude : la situation géopolitique, mais aussi les annonces économiques changeantes et le manque de visibilité sur la politique intérieure.
«Le repli, c’est jamais bon»
A cela s’ajoute une conjoncture jugée fragile, marquée par un ralentissement de l’activité. «Chacun va repousser certains achats, certaines dépenses, certaines livraisons. C’est une situation où tout le monde se replie, et le repli, c’est jamais bon. Le manque d’investissements, c’est pas prévoir l’avenir. Comme on n’a pas de visibilité à très long terme, forcément l’économie est un peu en baisse actuellement», analyse Laurent Munerot. «Les commandes sont en baisse quel que soit le métier, quel que soit le secteur d’activité», insiste le président de la CNAMS.
Il alerte également sur la probable revalorisation automatique du SMIC si l’inflation dépasse 2%. Une hausse qui, selon lui, pourrait poser problème à certaines entreprises incapables de répercuter immédiatement ces augmentations sur leurs prix. «Il y a des professions où les tarifs sont réglementés, il y a des professions où il y a de la concurrence effrénée qui fait qu’on ne peut pas augmenter», souligne Laurent Munerot.



















