
Ils ont le moral dans les chaussettes. 8 dirigeants de TPE sur 10 sont inquiets face à la situation internationale, selon le baromètre Fiducial-Ifop, qui prend le pouls de l’activité des TPE à chaque trimestre. Et comment leur donner tort? Moyen-Orient, Ukraine… Les guerres bousculent l’économie mondiale. Et toutes les entreprises. Les plus préoccupées sont celles dont la structure compte entre 10 et 19 salariés (89%), ainsi que les sociétés réalisant un chiffre d’affaires de plus d’un million d’euros (86%).
Mais surtout, plus de 6 patrons de TPE sur 10 pensent que le contexte international est susceptible d’avoir des répercussions négatives «fortes» sur leur activité d’ici 6 mois. Concrètement, ces derniers redoutent majoritairement une hausse du coût de l’énergie, une augmentation des prix d’achat (services, fournitures ou matières premières), un recul de la demande, ou encore une baisse du chiffre d’affaires. Contacté par Capital, Olivier Rousseau, qui détient le bar «Bières du monde et d’ailleurs» situé à proximité de Toulon, regrette que les consommateurs dépensent de moins en moins pour faire des sorties, faute de budget. «Certains clients, qui avaient l’habitude de se rendre ici une fois par semaine, viennent maintenant une fois toutes les trois semaines», admet-il. Un recul de la consommation qui aboutit inexorablement à une baisse du chiffre d’affaires.
Quelles conséquences pour leurs clients ?
Face aux difficultés, ces patrons ne souhaitent pas rester les bras croisés. 9 TPE sur 10 ont pris ou ont l'intention de prendre au moins une mesure pour faire face à ce contexte international incertain. A commencer par la réduction des dépenses (70%) ou le report de certains investissements (56%). D’autres affirment qu’ils n’ont pas d’autres choix que d’impacter directement leurs clients, en répercutant la hausse des coûts sur le prix de vente (55%). Toujours d’après cette étude, cette dernière mesure pourrait avoir pour effet de créer une nouvelle spirale inflationniste.
Pour Jean-Guilhem Darré, délégué général du Syndicat des indépendants et des TPE (SDI), la hausse des tarifs peut aboutir à une baisse de la consommation si elle n’est pas mesurée. «Le pouvoir d’achat des consommateurs étant déjà en baisse, une augmentation de tarifs risquerait d’aboutir à une diminution de la clientèle», confie-t-il à Capital, en reconnaissant toutefois que certaines TPE n’ont pas d’autres choix. En bout de chaîne, c’est souvent le client qui paye l’addition.



















