
Dans un contexte d’inflation et de fortes augmentations des prix du gaz, la pompe à chaleur se retrouve au premier rang pour l’énergie des particuliers en tant qu’alternative privilégiée aux énergies fossiles. D’autant que la France souhaite atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050 et en installer un million d'ici 2027 selon un plan national d’action annoncé en 2024. Mais déjà, il faut faire un choix entre les pompes à chaleur air-air et celles fonctionnant avec air-eau.
« Celles-là sont donc un système qui produit de l'eau pour alimenter les radiateurs et sont capables de remplacer directement une chaudière fossile en utilisant un réseau de radiateurs existant, explique Céline Laruelle, ingénieure sur les systèmes énergétiques au sein de l’ADEME. Et sont concernées par les aides publiques ». Les pompes à chaleur air-air fonctionnent plutôt comme une climatisation réversible et dominent les ventes, 71 % des parts de marché selon une note de l’ADEME. Perçues comme moins confortables et issues du marché asiatique, elles ne sont pas concernées par les aides du gouvernement.
Décarbonation et électricité
Son principal atout ? Son rendement : « En moyenne, elle est 3 à 4 fois plus efficace qu'une chaudière gaz ou un radiateur électrique, révèle l’experte. En basculant vers une énergie électrique largement décarbonée en France, son installation permet de diviser par 8 les émissions de CO2 par rapport au gaz, et par 10 par rapport au fioul ». Concrètement ? Elle permet de gagner une à deux classes de DPE. Sans oublier moins de dépendance aux importations de gaz et de pétrole. Malgré un coût initial élevé (deux fois plus qu’une chaudière classique), la facture énergétique liée au chauffage est divisée par deux en moyenne par rapport au gaz, « avec un retour sur investissement entre cinq et huit ans ».
Mais attention, tout ne sera pas parfait dans votre relation avec votre pompe à chaleur parce qu’elle coûte cher et prend de la place, il faut le savoir. « À l’intérieur pour l’unité de production d’eau chaude, prévoir la taille d'un gros réfrigérateur, précise Céline Laruelle. À l’extérieur, elle peut générer des nuisances sonores et visuelles, ce qui nécessite une configuration adaptée (jardin, terrasse ou cave) ». Un sujet pour les logements collectifs. En plus du coût d’installation, s’ajoute l’entretien annuel d’environ 200 euros.
Attention à l’isolation
Une bonne isolation est l’alliée d’une pompe à chaleur, même si une mauvaise enveloppe thermique n’empêche pas son bon fonctionnement : « On conseille toujours un niveau d'isolation minimum ou des gestes d'isolation, justement pour réduire tous les inconvénients, nuance-t-elle. Pour une maison non isolée, on préférera une mise en œuvre plus adaptée, probablement plus grande donc plus chère, et plus bruyante ». Dans l’étude, l’ADEME a simulé l'impact financier selon le niveau d'isolation pour une maison de 100 m². La première, avec une isolation faible, coûte 1243 euros en électricité et entretien, 2092 euros en gaz (entretien inclus). L’autre, avec une meilleure isolation, ne coûte que 482 euros en électricité et 1062 euros en gaz.
Environ un tiers des installations intégrées dans la campagne de mesure ont des performances qui peuvent être améliorées en raison de problèmes liés à leur pose et leur réglage, avec notamment la bonne température de l’eau envoyée dans les radiateurs. En clair, si le système est réglé pour fonctionner à basse température, il consomme moins. « Améliorer la formation des professionnels est donc indispensable, précise l’ingénieure. On peut imaginer aussi des dispositifs pour savoir si c’est bien réglé avec des alertes en cas de performance trop basse ».











