Le secteur du luxe fait preuve d’une grande prudence. Les «pingti», des copies haut de gamme fabriquées avec des matériaux identiques à ceux des produits originaux, mais sans logo, se propagent en Chine et rencontrent un grand succès. L’arrivée du phénomène en France et en Europe fait craindre les grandes maisons pour leur chiffre d’affaires. En effet, si les répliques sont habituellement connues pour leur mauvaise qualité, celles-ci sont plébiscitées par un public aisé qui affectionne les belles matières, rapporte Le Parisien.

Les pingti pourraient ainsi séduire la clientèle des marques de luxe qui souhaite réaliser quelques économies, tout en s’assurant un vêtement ou un sac de très bonne facture à plusieurs centaines d’euros. Et pour cause, ces copies pourraient parfois provenir des mêmes fournisseurs que ceux des géants du luxe.

Que dit la justice ?

Interrogé par le journal, l’avocat Pierre Pérot assure que les professionnels du secteur «s’inquiètent» et reconnaissent que ces produits «sont de très bonne qualité, avec des matières identiques». Les marques de luxe ont ainsi «un travail à faire avec leurs fournisseurs pour garantir l’exclusivité de leurs fabrications», ajoute-t-il.

La question de la propriété intellectuelle se pose également. Si la justice française estime qu’une contrefaçon porte un préjudice moral, «que va-t-il se passer lorsque les articles seront de bonne qualité ?», s’interroge l’avocat qui indique que certaines marques déposent déjà les mesures exactes de leur modèle à l’INPI pour se protéger des faussaires. La justice devra bientôt plancher sur ce sujet, si les acheteurs français se montrent aussi sensibles que les Chinois à cette tendance.