La capture du président vénézuélien Nicolas Maduro a relancé la question des lingots d’or du pays stockés à Londres. Le Venezuela va-t-il pouvoir récupérer son or maintenant que le président est en prison aux États-Unis ? Pour l’heure, rien n’est moins sûr, selon BFM. Cela fait maintenant plusieurs années que la capitale du pays exige du Royaume-Uni la restitution de cet or, dont la valeur était estimée à 1,95 milliard de dollars en 2020. Depuis, la valeur de l’or a quasiment doublé.

De son côté, le Royaume-Uni a toujours refusé les demandes du Venezuela. La raison : le gouvernement britannique ne reconnaissait pas le gouvernement Maduro, tout comme d’autres pays, selon The Guardian. Le gouvernement britannique restait sur sa position, quand bien même celle-ci était souvent critiquée par les dirigeants vénézuéliens.

Une bataille judiciaire et des rebondissements

L’affaire des lingots d’or a été portée devant la justice en 2020, à l’initiative de la Banque du Venezuela, selon laquelle le pays avait besoin de ses réserves pour lutter contre la pandémie de Covid-19. Par la suite, l’opposant principal de Nicolas Maduro, aujourd’hui reconnu par plusieurs pays comme président par intérim du Venezuela, Juan Guaido, a déposé une requête afin d’être reconnu comme seule personne d’autorité pouvant disposer de ces réserves. Et si, dans un premier temps, la justice britannique a accédé à cette demande, la décision a été ensuite annulée par la Cour d’appel. Pour la justice, le pays considérait toujours Maduro comme président, par la présence d’une ambassade vénézuélienne au Royaume-Uni. La Cour suprême est ensuite intervenue pour renvoyer l’affaire devant le tribunal de commerce, mais sans trancher sur le fond.

Mais aujourd’hui, le dossier s’enlise, et la situation du pays actuelle ne semble pas modifier la position britannique. La ministre des Affaires étrangères a même précisé que le gouvernement ne débloquerait pas les réserves en question, puisqu’il ne reconnaît pas le nouveau pouvoir vénézuélien, dirigé actuellement par Delcy Rodriguez. Cette dernière s’est dite de son côté ouverte à une coopération avec les États-Unis, tout en qualifiant la situation de «piraterie flagrante de l’or vénézuélien».