Donald Trump inquiète la Bourse, et le monde plus globalement, depuis son intervention au Venezuela. Dans la nuit du 2 au 3 janvier, le président proclamé du pays, Nicolás Maduro, a été enlevé lors d’une arrestation spectaculaire orchestrée par les Etats-Unis. Dans la foulée, le président américain a signé un décret afin de protéger les revenus pétroliers vénézuéliens détenus aux Etats-Unis, le tout pour empêcher qu’ils soient saisis par des tribunaux ou des créanciers. «Vous aurez une sécurité totale», lançait le président américain, excluant par ailleurs une présence militaire américaine pour protéger l'activité pétrolière.

Il faut dire que le pays sud-américain attire les convoitises, bénéficiant des plus grandes réserves de brut du monde (300 milliards de barils, selon l’OPEP). Mais la production reste limitée. Alors, au cours d’une réunion à la Maison-Blanche avec les grands groupes pétroliers le 9 janvier dernier, Donald Trump leur a demandé d’investir massivement, rapportent Les Echos, plus précisément 100 milliards de dollars. Il compte pour cela sur les géants américains, mais également les Européens. Toutefois, tous ne semblent pas emballés à l’idée d’investir au Venezuela.

Certaines firmes réclament encore des milliards d’arriérés

Il faut dire que le brut vénézuélien est décrit comme plus visqueux que celui extrait aux Etats-Unis, par exemple. Son raffinage est plus polluant, compliqué et coûteux. Et pour remettre à niveau toutes les infrastructures du pays, il faudrait engager des dizaines de milliards de dollars. Sans compter le contexte politique actuel qui est loin de rassurer. Reste à savoir qui serait intéressé. A ce stade, notent Les Echos, le PDG d'ExxonMobil considère qu’il est «impossible d’investir» au Venezuela. Il réclame des garanties commerciales, financières et même de sécurité.

D’autant que la firme a été chassée du pays il y a quelques années et réclame toujours des arriérés, pas moins de 20 milliards de dollars. Même son de cloche chez ConocoPhillips qui attend 12 milliards. Si Donald Trump a assuré que les firmes pétrolières «gagneraient beaucoup d’argent», il ne compte pas «revenir en arrière». En revanche, d’autres comme Chevron semblent plutôt intéressés ; ce dernier pourrait par exemple produire 50% de plus d’ici deux ans.

Les Européens intéressés

Selon Les Echos, Shell s’est aussi montrée intéressée après avoir «produit un million de barils par jour dans les années 1970». Mais, elle aussi, avait été expropriée. Pour ces géants, réinvestir dans ces puits inciterait à aggraver la baisse des cours, ce qui ne les arrange pas. Mais Donald Trump met d’ores et déjà la pression. «Si vous ne voulez pas y aller, dites-le tout de suite, car j'ai 25 personnes qui ne sont pas là aujourd'hui et qui sont prêtes à prendre votre place», a-t-il lâché.

D’autant qu’en Europe, plusieurs acteurs semblent enclins à le suivre et ont vu dans les annonces du président américain une opportunité. C’est le cas de SLB (ex-Schlumberger), associé à Repsol sur place qui, avec sa «connaissance du sous-sol inégalée» et «700 millions de dollars d'équipements sur place prêts à être déployés», pourrait être «prêt à monter en charge rapidement». Repsol (Espagne) et Eni (Italie) se sont aussi réjouis de cette réouverture du marché. Mais globalement, tous attendent des garanties.