
Et vous ? Quelle est votre relation avec l’argent ? Fait-il votre bonheur ou est-ce plutôt une source de stress ? Le collectif Cash sur Table réunit des startups de l'investissement, Gedeon, La Première Brique et Mon Petit Placement, et pointe la relation ambivalente des Français avec l’argent dans une étude, réalisée en ligne du 16 février au 1er mars auprès de 1300 membres majeurs de leurs communautés.
Le premier enseignement met le doigt sur l’éducation financière des Français. Parmi les personnes interrogées, ils sont 70 % à penser que leur situation financière dépend de leur revenu et 62 % de leurs décisions. Surtout, ils sont 46 % à penser qu’une bonne éducation en finance est un levier pour une situation financière prospère. Mais il y a un décalage intéressant puisque 40 % des sondés qui se disent stressés par l’argent associent cette angoisse à un problème de compréhension, seul ou combiné à un manque de moyens. « On peut savoir que l'éducation financière est utile et ne pas encore avoir trouvé le format ou l'espace pour vraiment se l'approprier », précise Valentine Demaison, DG de Mon Petit Placement.
Un manque d’accompagnement
Dans un contexte financier particulier, le besoin d’accompagnement se fait ressentir et pourtant, 77% des personnes interviewées ne se sentent pas accompagnées par leur banquier. « La banque traditionnelle a longtemps fonctionné sur un modèle de rendez-vous annuel, de jargon impénétrable et de produits standardisés, mais ce n'est plus suffisant pour une génération qui veut comprendre, pas juste signer, analyse Valentine Demaison. Les gens ont besoin d'un accompagnement qui s'adapte à leur vie réelle, à leur niveau de connaissance, à leurs peurs et à des objectifs concrets ». C’est souvent lors d’un mauvais accompagnement qu’un certain nombre de personnes prennent de mauvaises décisions, hésitent ou pire, mettent beaucoup trop d’argent de côté. Ce qui pourrait expliquer ce chiffre de 45 % des répondants qui ont augmenté leur épargne de précaution ces deux dernières années et 20 % qui ont choisi des placements plus sécurisés : « Un placement rassurant, tangible, disponible et connu, révèle-t-elle. Si investir implique de comprendre, de faire confiance et d'accepter une part d'inconnu, il est vrai que l'anxiété financière ne pousse pas à optimiser mais plutôt à se mettre à l'abri ».
Une relation ambiguë à l’argent
L’étude révèle que l'argent est désiré comme une liberté mais vécu comme une pression. « Le mot qui revient le plus spontanément quand on demande aux gens ce que leur inspire l'argent, c'est "liberté", la liberté de choisir, de protéger ses proches, de ne pas subir » déclare Valentine Demaison. Mais dans la réalité du quotidien, le sondage dit qu’une personne sur deux ressent un niveau d'angoisse élevé face à l'argent. « La liberté financière reste abstraite et conditionnelle, dit-elle. On se dit si j'avais plus pu si je faisais comme ça mais la pression est plutôt immédiate avec des imprévus, l’inflation et la retraite qui s'éloigne ». Cette même relation ambiguë se retrouve dans la façon dont les Français en parlent peu en famille : une personne sur deux ne parle pas d’argent facilement en famille. « L'argent est chargé émotionnellementdepuis l'enfance, assure-t-elle. On n'apprend pas à en parler, ni à l'école, ni à la maison. Malheureusement, moins on en parle, plus l'anxiété reste solitaire ».
Un sujet à éviter
Après avoir été ambiguë, l’argent devient carrément tabou puisqu’une personne interrogée sur trois a déjà fui une discussion sur l’argent, ou pire, près d’une personne sur deux explique avoir déjà reporté une décision (achat, mariage, enfants...) par crainte financière. « Ce que notre baromètre pointe, c'est que ce réflexe est massif et qu'il alimente directement l'anxiété financière, puisqu'on n'obtient jamais les repères dont on aurait besoin, conclut Valentine Demaison. On préfère esquiver plutôt que de se confronter. L'argent touche à notre valeur perçue, à nos choix de vie et à nos échecs aussi ».



















