
Les jeux sont presque faits. A deux mois et demi de la fin d'année, la course au meilleur placement de l'année ne devrait plus susciter un grand suspense. Pour les investisseurs en actions françaises, l'exercice s'annonce profitable, malgré les soubresauts politiques hexagonaux. Ce mercredi 22 octobre, le CAC 40 a établi un nouveau record, en clôturant en hausse de 0,64%, à 8 258,86 points. Depuis le 1er janvier 2025, le cours de l'indice parisien a progressé de plus de 11%. En intégrant le rendement des dividendes versés, la performance totale («total return») grimpe même à 13,77%, selon les données de Bloomberg.
Une bonne surprise compte tenu de l'actualité ? Pas vraiment, «l'incertitude politique est presque devenue la normalité, elle a peu d'impact sur le cours du CAC 40 depuis la dissolution (du 9 juin 2024, NDLR). En cas de crise politique, les secteurs les plus à risque sont les banques et la construction, mais pour les autres, les baisses sont plutôt des opportunités d'achat», explique Grégoire Kounowski, directeur de la recherche chez Norman K.
Un CAC 40 tiré par les valeurs industrielles et les "utilities" (services collectifs)
Pour l'heure, les secteurs qui ont le plus tiré vers le haut la cote parisienne cette année sont l'industrie (Thales, Safran, Airbus), les services aux collectivités et télécoms (Bouygues, Engie, Orange), et quelques banques, dont Société générale (+95% depuis le 1er janvier). A l'inverse, «des valeurs décotées, comme Pernod Ricard (-17% cette année) peuvent afficher un prix d'achat à regarder», confie Grégoire Kounowski. Un titre comme LVMH évolue en cette fin d'année loin de ses records historiques (environ 600 euros contre près de 900 au plus haut).
Néanmoins, impossible de ne pas mettre en regard la performance de l'indice phare de la Bourse parisienne avec celle de nos voisins. Même en finissant largement dans le vert, le CAC 40 devrait faire figure de mauvaise élève comparé au Dax allemand (+20% depuis le 1er janvier), à l'Ibex espagnol (+36%) ou encore au Mib italien (+27%). Mais tous ces indices font pâle figure face à l'autre placement star de l'année : l'or, qui devrait encore une fois signer une année record.
La fin d'une période dorée ?
Après déjà 35% de hausse en 2025, le cours du métal précieux affiche déjà une hausse de presque 50% depuis le 1er janvier, le prix de l'once (environ 31 grammes) étant passé de 2 500 euros à près de 3 700 euros. Une bonne nouvelle pour les investisseurs ayant conservé leur métal jaune depuis plus d'un an. Mais quand faudra-t-il s'en séparer pour encaisser sa plus-value ?
Difficile à dire pour Grégoire Kounowski : «Aujourd'hui, l'or est comme devenu un actif spéculatif. Des acteurs investissent beaucoup pour profiter de la tendance haussière, mais bien malin qui pourra prévoir la fin de l'euphorie.» Selon l'expert, le seuil psychologique des 5 000 dollars l'once sera à surveiller, car il pourra déclencher des ventes massives. Un premier signe avant-coureur ? Suite à des prises de bénéfices, le cours de l'or a perdu 5% lundi 21 octobre.




















