C’était devenu un fléau dans la capitale. Mais pas seulement. Dans de nombreuses municipalités, l’affichage sauvage sur des murs, des commerces ou du mobilier urbain harassait les mairies, qui devaient d’ailleurs mettre la main à la poche pour le nettoyage. Mais comme Capital l’avait évoqué, le 1er janvier 2024, les municipalités ont récupéré la compétence (déléguée par la préfecture de police) de dresser des amendes contre tout affichage sauvage dans l’espace public. Selon l’article L.581-26 du Code de l’environnement, les mairies peuvent donc infliger 1 500 euros d’amende par affiche illégale.

Et en un an et demi, la mairie de Paris aurait encaissé un petit pactole, explique Le Parisien. «Depuis que la Ville de Paris a récupéré cette compétence le 1er janvier 2024, 122 annonceurs ont été verbalisés», détaille à nos confrères l’adjoint à la sécurité, Nicolas Nordman. Au total, la mairie de Paris a engrangé 4,48 millions d’euros. Comment procède-t-elle pour récupérer la somme ? «On nettoie et on envoie la facture au donneur d’ordre ou à l’entreprise, en bref à celui à qui bénéficie l’affichage», détaille le maire PS de Paris Centre, Ariel Weil.

La moitié des amendes dans Paris Centre

Paris Centre (Ier, IIe, IIIe et IVe arrondissements) justement, c’est le quartier de Paris où se concentrent le plus (près de 49%) d’affiches sauvages. Si en 2024, 53 procédures ont été lancées, rien que cette année, il y en a déjà eu 115 pour plus d’1,2 million d’euros. Parmi les zones plébiscitées, on retrouve le Marais, le quartier des affaires ou la rue Saint-Honoré, «des lieux très fréquentés avec une forte densité piétonne, ce qui dans l’esprit des marques leur donne un certain prestige», met en avant Antoine Guillou.

L’adjoint en charge de la propreté de l’espace public, de la réduction des déchets, du réemploi, du recyclage et de l’assainissement explique que la mairie mène «une action de fond permanente», et assure ne pas attendre de retombées économiques. «Nous serons vraiment satisfaits quand on ne touchera plus un euro là-dessus», lance Antoine Guillou. Selon lui, ce combat mené depuis 18 mois porte déjà ses fruits, «ce qui prouve que l’amende est dissuasive».

Quid de l’affichage libre ?

La plupart du temps, les affichages sauvages sont signalés via l’application «Dans ma rue», qui permet aux administrés de signaler toute anomalie dans l’espace public. La municipalité envoie de plus en plus les amendes aux marques à l’origine de la campagne publicitaire et non aux sociétés qui collent. Avant la mise en place de ces verbalisations, l’affichage sauvage (auquel il faut ajouter les tags) coûtait six millions d’euros à Paris. Dernièrement, c’est l’association Transparence citoyenne qui l’a appris à ses dépens en recevant une facture de 210 000 euros.

C’est elle qui avait placardé des affiches mentionnant «voilà comment Anne Hidalgo dépense votre argent», qui a déclenché une vive polémique sur les dépenses des maires dans la capitale. Mais quid de l’affichage libre dans tout cela ? Selon Le Parisien, à son échelle, la Ville de Paris devrait proposer 1 100 m² d’affichage libre et associatif. Selon l’opposition, on en serait loin ce qui explique peut-être les (longs) délais de recouvrement des amendes infligées depuis janvier 2024. De nombreux recours auraient été déposés depuis devant le tribunal administratif…