Au premier semestre 2024, les fraudes liées aux transactions bancaires (cartes bancaires, chèques, virements, prélèvements, etc.) ont atteint 584,6 millions d’euros. Ce chiffre est en légère baisse par rapport aux 590 millions d’euros enregistrés sur la même période en 2023. Toutefois, selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), le nombre d'opérations frauduleuses a bondi de 12%, atteignant 3,9 millions durant le premier semestre 2024.

Et ce n’est pas tout. D’après l’autorité des marchés financiers (AMF), les pertes moyennes déclarées par les victimes de diverses arnaques financières s’élèvent à 29 000 euros à la fin novembre 2024. Dans son rapport sur les statistiques de fraude au premier semestre 2024, l’OSMP insiste sur l’importance de ne pas baisser la garde : «Il reste absolument nécessaire de poursuivre les efforts de sensibilisation du grand public, en particulier vis-à-vis du risque de fraude au faux conseiller bancaire ou par d’autres formes de manipulation.» Cette année la vigilance reste donc de mise pour éviter les arnaques financières en tout genre.

Arnaque et fraude à la manipulation, un combo dangereux

L’organisme souligne que les arnaqueurs sont de mieux en mieux informés sur vos finances ! L’OSMP indique qu’ils sont capables de vous appeler et de citer le solde de votre compte ou de vos derniers achats. La pression exercée par les escrocs ne s’arrête pas là. L’AMF signale l’apparition d’une nouvelle méthode, où un coursier est envoyé chez la victime pour récupérer une carte bancaire prétendument défectueuse. Alors comment lever le doute ? L’organisme rappelle «qu’un banquier n’a jamais besoin de demander des identifiants à un client qu’il a lui-même appelé, ni de lui demander de réaliser des opérations de protection de son compte».

Autre menace persistante : l'hameçonnage (mieux connu sous son nom anglais, le phishing). Vous pensez recevoir un mail ou un SMS d’une institution bien connue vous demandant de cliquer sur un lien ? Il est recommandé de tourner 7 fois ses pouces avant de cliquer. L’OSMP met en garde les plus connectés : «Une administration ou une grande entreprise n’envoie jamais de tels SMS (que ce soit à des fins publicitaires ou de communication institutionnelle) depuis un numéro mobile inconnu.» Il est essentiel d'accéder au site via un lien sécurisé, en passant directement par la page officielle de l'organisme concerné, ou de contacter votre banque ou l'institution à l'origine du message pour vérifier l'authenticité du lien.

Faux investissements et IA, des arnaques qui peuvent vous coûter très cher

Fausses offres de crédits, de livrets d’épargne ou investissements trop beaux pour être vrais ? Attention, votre sixième sens doit vous alerter. Les données de l’AMF le confirment, les dégâts peuvent être colossaux : «Le préjudice moyen par victime observé sur les 3 premiers trimestres de 2024 par l’ACPR [Autorité de contrôle prudentiel et de résolution] s’élève à 69 000 euros pour les faux livrets d’épargne et à 19 000 euros sur les faux crédits.» Depuis 2023, les placements financiers frauduleux sur les cryptoactifs ne cessent de croître.

Danger supplémentaire (s’il en fallait un), l’utilisation de l’intelligence artificielle. Les voleurs exploitent des vidéos manipulées mettant en scène des célébrités qui recommandent des placements soi-disant lucratifs ayant généré des gains rapides. Avec l'émergence des réseaux sociaux, certains «influenceurs» peuvent également promouvoir des investissements prétendument avantageux qui s'avèrent en réalité risqués, voire dangereux. La vigilance est donc indispensable, d'autant plus que ces mécanismes peuvent aller encore plus loin.

Faux investissements : comment repérer l’arnaque ?

L’AMF mentionne une nouvelle technique bien rodée : «la fraude au carré» ou «l’arnaque sur l’arnaque». Le concept ? Après une première attaque aux faux investissements, la victime est contactée par un inconnu qui se dit mandaté par les autorités. Celui-ci lui demande alors une somme d’argent pour récupérer ses investissements perdus… Les autorités recommandent plusieurs réflexes pour éviter le drame : se méfier des discours «trop beaux pour être vrais» ou encore vérifier les registres financiers des autorités. Après avoir effectué vos propres recherches, il est également conseillé de contacter les autorités compétentes en cas de doute, comme l’AMF au 01 53 45 62 00 ou l’Assurance Banque Epargne Info Service au 34 14.