Un simple appel téléphonique et des milliers d’euros dérobés. Une habitante de Dirac, en Charente, a récemment été la cible d’une escroquerie sophistiquée qui lui a coûté près de 20 000 euros. Cette fraude repose sur une technique appelée «vishing», ou hameçonnage vocal : les escrocs se font passer pour des interlocuteurs de confiance afin d’obtenir des informations sensibles. Les faits débutent le lundi 2 février, raconte Charente Libre. La victime reçoit un SMS lui demandant de confirmer un nouveau code censé renforcer la sécurité de ses opérations bancaires.

Sur le moment, rien ne lui paraît suspect. Quelques heures plus tard, un homme l’appelle en se présentant comme un conseiller de sa banque, le Crédit Agricole. Son discours est rassurant et précis. Il insiste sur la nécessité de valider rapidement certaines manipulations pour sécuriser le compte. Pour gagner sa confiance, il mentionne des informations personnelles exactes : prénom, date de naissance, numéro de compte. Il va même jusqu’à évoquer un récent rendez-vous entre le mari de la victime et leur conseiller bancaire, quelques jours auparavant.

Un risque accru d’escroqueries

Convaincue d’avoir affaire à un professionnel légitime, la Charentaise suit les instructions. A la demande de son interlocuteur, elle valide notamment une augmentation du plafond de virements et saisit les six chiffres de son code de sécurité. Cette action permet en réalité au fraudeur d’enregistrer un nouvel IBAN et d’effectuer un virement frauduleux de 19 200 euros depuis le compte du couple.

Ce n’est qu’après coup que les époux comprennent qu’ils ont été piégés. Ils entreprennent immédiatement des démarches pour tenter de récupérer les fonds transférés et déposent un signalement pour escroquerie. Ils espèrent désormais obtenir un remboursement de leur banque. Pour la victime, le choc est profond. Au-delà de la perte financière, cette épreuve laisse un véritable traumatisme. Les autorités rappellent qu’aucun établissement bancaire ne demande la communication d’un code confidentiel par téléphone et invitent les clients à la plus grande prudence face aux appels frauduleux.

Une cyberattaque visant le ministère de l'Economie et des Finances a en outre exposé les données bancaires de 1,2 million de Français. La Direction générale des Finances publiques (DGFiP) a confirmé, le 18 février, une intrusion dans le fichier FICOBA, qui recense notamment les RIB, IBAN, identités et adresses. L’administration a mis en garde contre un risque accru d’escroqueries ciblées exploitant ces précieuses informations.