
Un Français joue 242 euros en moyenne par an. Ce chiffre, donné par l’Observatoire Français des Drogues et Tendances addictives (OFDT), inclut les tickets achetés de temps en temps mais aussi les sommes dépensées par les gros joueurs. Aujourd'hui, on compte environ 1,4 millions de joueurs problématiques, dont 400 000 joueurs pathologiques en France. «Le joueur récréatif devient un joueur pathologique à cause d’une perte de maîtrise, souvent liée à une fragilité pathologique (séparation, chômage…), révèle Célia Magras, directrice du pôle recherche de Crésus. Les joueurs cherchent l'adrénaline, à fuir leurs émotions ou à socialiser».
Et leur addiction a un réel impact sur leurs proches, qui deviennent des victimes collatérales : on estime que pour un joueur excessif, six personnes sont impactées économiquement.
Des solutions pour moins jouer
Si les personnes concernées ont identifié leur addiction, il existe des solutions pour aider à moins jouer. Les plateformes légales offrent la possibilité de s'en auto-exclure temporairement, de 24 heures à 12 mois, ou de plafonner les mises et les dépôts de manière irréversible. Gamban, stop-jeu, Playscan et Quitzilla sont des applications pour aider à gérer temps de jeu et consommation.
Ensuite, l’Interdiction Volontaire de Jeux (IVJ), gérée par l'Autorité nationale des jeux (ANJ), permet de demander à être interdit d’entrer dans les casinos et clubs de jeux, d’accéder à un site de jeux en ligne agréé par l’ANJ et d’accéder aux jeux de la Française des jeux et du PMU réalisés avec un compte joueur. Cette mesure prend effet pour trois ans minimum et peut être demandée sur interdictiondejeux.anj.fr.
Le jeu des banques
Côté banque, une offre bancaire spécifique permet aux personnes en situation de fragilité financière de limiter les risques d'incident et les frais en cas d’incident de paiement. Certains établissements proposent même une option permettant de bloquer des opérateurs de jeux. Pour l’instant, en France, c’est seulement le cas de Revolut. «Les institutions bancaires sont plutôt spectatrices de la situation de leurs clients concernés, qui s’aggrave, sans forcément avoir d’outils sous la main», analyse Jean-Louis Kiehl, président de la fédération française des associations Crésus.
Gérer l’addiction et les dettes
Si confier la gestion des comptes bancaires à un tiers de confiance peut être une bonne option pour éviter le craquage, il est conseillé de se faire accompagner par des professionnels. Les Centres de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (SAPA) sont des structures publiques gratuites et anonymes dans lesquelles interviennent médecins, psychiatres et assistantes sociales spécialisés.
Il existe également des groupes de parole dédiés, qui permettent de briser l'isolement et la honte par le partage d'expérience entre pairs. Enfin, si la dette est trop lourde, la loi française offre une protection via la Banque de France : une commission de surendettement peut geler les dettes, rééchelonner les paiements ou effacer purement et simplement l’ardoise.



















