
Le découvert bancaire n’est plus une exception : il fait désormais partie du quotidien. Selon une étude de Panorabanques, publiée ce mardi 3 mars, 41% des Français se retrouvent à découvert au moins une fois par an, dont 16% chaque mois. Un chiffre qui illustre une réalité budgétaire tendue. Car si le découvert permet de passer un cap difficile, il peut aussi coûter cher - très cher - et beaucoup l’ignorent. Parmi les personnes disposant d’une autorisation, 36% ne connaissent en effet pas son coût annuel.
Le découvert autorisé combine des frais fixes - en moyenne 16,80 euros par an lorsqu’ils sont facturés - et des agios en cas d’utilisation, avec des taux allant de 7% à plus de 20%, indique le comparateur de banques dans un communiqué de presse. Et lorsque la limite est dépassée, la facture grimpe encore : agios majorés, commissions d’intervention, lettres d’information facturées une dizaine d’euros… L’addition peut rapidement s’alourdir.
Un découvert moyen de 229 euros en 2025
Selon cette étude, parmi les Français à découvert, 62% concernent des montants inférieurs à 200 euros, dont 38% de moins de 100 euros. En moyenne, le découvert atteint désormais 229 euros, en hausse de 3% par rapport à 2024 (223 euros). Près de 4 Français sur 10 dépassent leur autorisation de découvert, avec un dépassement moyen de 303 euros en 2025. Pourquoi bascule-t-on dans le rouge ? L’inflation arrive en tête (32%), au même niveau que les dépenses imprévues. Viennent ensuite les difficultés financières globales (27%) et un manque d’attention dans la gestion du budget (22%).
Lorsqu’ils se retrouvent à découvert, 46% des Français interrogés par Panorabanques disent puiser dans leur épargne, tandis que 28% réduisent leurs dépenses non prioritaires. Pour éviter de basculer dans le rouge, Anna Meylacq, porte-parole de Panorabanques, recommande «de surveiller ses comptes et d'anticiper ses dépenses, notamment grâce à des outils de gestion budgétaire». «La majorité des banques proposent aujourd’hui des alertes SMS ou notifications en cas de solde bas, ainsi que des applications permettant de suivre ses dépenses en temps réel», précise-t-elle.
A partir du 20 novembre 2026, tous les découverts, même faibles ou de courte durée, seront considérés comme relevant du crédit à la consommation. Ils devront donc faire l’objet d’une analyse de solvabilité par les banques. Cette mesure, issue de la réglementation européenne, vise à mieux protéger les consommateurs et à prévenir le surendettement, mais pourrait aussi limiter l’accès au découvert autorisé.



















