
En marge d’un déplacement à la centrale de Penly (Seine-Maritime) en mars dernier, Emmanuel Macron avait annoncé que «le prêt bonifié de l’État accordé au programme EPR 2 pour 60 % du montant total du programme serait financé par le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts». En clair, par le Livret A, puisque ce fonds gère près de 60% de l’épargne réglementée des Français. Faut-il aller plus loin ? Oui, selon les auteurs d’un rapport remis au gouvernement dans le cadre de l’évaluation du coût des énergies renouvelables pour les finances publiques, explique BFM.
Jean-Bernard Lévy (ancien PDG d'EDF) et Thierry Tuot (haut fonctionnaire et ex-directeur général de la CRE) préconisent à l’Etat de «faire en sorte qu'une partie du financement de certains projets ENR soit apportée par les fonds d'épargne de la Caisse des dépôts et consignations (Livret A), ce qui diminuerait le coût de la dette portée par les projets». Pourquoi ? Essentiellement parce que les projets d'énergies renouvelables (ENR) de grande dimension ont un coût de production très compétitif.
10 milliards d’aides dans cinq ans ?
Dans leur rapport, ils recommandent plus précisément de proposer un tel financement aux lauréats des projets dont le coût au mégawattheure (MWh) produit «est le plus compétitif, en pratique (...) les projets de grande dimension». Ils citent notamment les projets éoliens terrestres, solaires et «tout particulièrement» les éoliennes maritimes. Ces préconisations s’inscrivent dans des débats animés entre des députés favorables aux énergies renouvelables et ceux au nucléaire. Pourquoi ? Car les aides accordées aux énergies renouvelables ne cessent de grimper.
Dans leurs conclusions, Jean-Bernard Lévy et Thierry Tuot estiment à 5,3 milliards d’euros les aides accordées par l’Etat au photovoltaïque et à l'éolien en 2025. C’est plus du double qu’en 2024, et surtout, en 2026, elles devraient grimper encore à 6,8 milliards d’euros. Elles pourraient même «atteindre, voire dépasser, une charge annuelle de 10 milliards d'euros pour l'État» d’ici 2031. Alors, pour réduire ces coûts, les deux auteurs du rapport estiment aujourd’hui «indispensable» d'accroître les capacités de stockage par batteries. Le but : pallier la variabilité de l'éolien et du solaire et «augmenter l'efficience du soutien public à ces énergies».
Réduire les délais d’instruction des dossiers
En outre, via des accords contractuels privés, comme le Power purchase agreement, ils mettent en avant la nécessité d'encourager les productions d'électricité commercialisées, note BFM. L’Etat devrait alors mettre en place un système d'assurance pour réduire les volumes d'heures à prix négatifs, car lorsque la production dépasse la demande, cela pèse fortement sur les finances publiques. Enfin, dernier axe d’amélioration : instruire les dossiers plus rapidement. Cela permettrait à terme à l’Etat de «réduire de plus d'un milliard d'euros les soutiens publics directs chaque année».




















