
C'est une piqûre de rappel nécessaire après des semaines de haute voltige sur les marchés financiers : les actions sont bien le placement le plus performant sur la durée. C'est ce que confirme la toute dernière mouture de l'étude «40 ans de performances comparées (1984-2024)» menée par l'Institut de l'épargne immobilière et foncière (IEIF). Un constat peu évident pour un investisseur qui se serait lancé sur les marchés financiers début 2025.
D'abord, car il serait, à date, perdant : le CAC 40 accuse une baisse de -1,73% depuis le début d'année, le S&P 500 de -7,38%, le Nasdaq Composite de près de -12%... De plus, il aurait vécu des séances de montagnes russes, avec des indices qui ont fait le yo-yo ces dernières semaines : du 1er au 5 avril, le Nasdaq Composite avait par exemple cédé quasiment 9%, avant de reprendre 12,6% en une seule séance, mercredi 10 avril.
Les actions, le placement le plus performant et résilient
Bref, à première vue, «boursicoter» apparaît comme un investissement très volatile - soumis à de fortes variations d'un jour à l'autre - et, surtout, perdant ! Tout l'inverse de ce qu'il est vraiment sur le long terme, selon les données de l'IEIF, c'est-à-dire un placement ultra-rentable et résilient. En effet, selon cette nouvelle édition de leur étude annuelle, les actions affichent la plus la performance la plus élevée sur 40 ans : +11,8% par an en moyenne sur la période 1984-2024, et ce malgré les crises de la «bulle internet», de 2008, du Covid-19, des dettes souveraines, etc.
Pour le dire autrement, les marchés actions parviennent à encaisser les baisses causées par les crises sur le temps long. Et, à condition de ne pas avoir besoin de son argent avant un moment, l'investisseur s'y retrouve en termes de rendement. Parmi les autres placements les plus payants sur cette période, on retrouve surtout l'immobilier : les logements à Paris (+10,12%), les foncières immobilières (+9,5%), les organismes de placement collectif en immobilier ou OPCI (+8,17%) et les sociétés civiles de placement immobilier - SCPI - (+7,51%). Toutefois, cela ne signifie que cette classe d'actifs continuera à afficher de tels rendements dans les années à venir : «Les valeurs des logements ont très fortement progressé dans les grandes villes sur les 30 dernières années, à mesure que ces zones devenaient plus tendues. Mais dans le temps, cet effet-là va pour l'heure en s'estompant», avertit Stéphanie Galiègue, directrice générale déléguée de l’IEIF.
Les produits d'épargne sans risque et les SCPI ont souffert depuis 2019
On voit ainsi que le rendement de l'investissement immobilier à Paris passe à +7,61% sur 30 ans (1994-2024), puis à +5,35% sur 15 ans (2009-2024). A l'inverse, l'investissement en actions sur les grands indices mondiaux conserve un rendement robuste (respectivement +8,82% sur 30 ans et +7,8% sur 15 ans). Ce qui n'apparaît pas en revanche avec la plus petite focale, 5 ans (2019-2024) : minées par le krach boursier de mars 2020, les actions n'affichent un rendement que de +6,17%.
Mais «l'intérêt de cette période est qu'elle intègre la crise sanitaire. On voit ainsi que les SCPI, jusque-là très investies en bureaux et en commerces, baissent fortement en termes de rendement», explique Stéphanie Galiègue. En effet, sur cette période resserrée, la dégradation du patrimoine immobilier de nombreuses SCPI se constate, avec un taux de rendement interne (TRI) qui s’effondre à +2,15%. Autre fait saillant, les produits d'épargne sécurisés, dont les Français sont les plus friands, n'ont pas fait mieux qu'une inflation de 2,68% en moyenne depuis 2019 : +2,02% de rendement en moyenne pour l'assurance vie, +1,79% pour le Livret A et +0,24% pour les fonds monétaires. Sur ces cinq années bien incertaines (Covid-19, guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient…), c'est l'or qui tire son épingle du jeu, avec une performance mirifique de +11,27%*.
*Notons que l'étude de l'IEIF n'intègre pas les cryptomonnaies, et en particulier Bitcoin, qui sur la période 2019-2024 affiche une performance de plus de 2 600% (passant d'environ 3 300 euros à près de 90 000 euros).
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