
Si le taux de chômage inquiète dans la catégorie des jeunes, les dossiers de surendettement également. A en croire les chiffres publiés par la Banque de France ce 17 février, et relayés par ICI et Franceinfo, la situation ne cesse de se dégrader pour les moins de 30 ans. Au total, plus de 17 000 dossiers ont été déposés en 2025 dans cette catégorie d’âge, c’est 36% de plus que l’année précédente, ce qui revient à dire que les jeunes sont de plus en plus surendettés.
Mais si l’on se penche encore plus précisément sur ces chiffres, les dépôts de dossiers de surendettement explosent même dans une catégorie plus précise : les 18-25 ans, +65% en un an ! Comment expliquer ces chiffres alarmants ? Tout simplement par le recours aux minicrédits et aux paiements fractionnés, met en avant la Banque de France. Avec un encadrement beaucoup moins réglementé que les crédits classiques, les dossiers de surendettement bondissent.
Les femmes et les chômeurs en première ligne
Selon Hélène Arveiller, directrice adjointe des services aux particuliers, «un tiers des dossiers qui contenaient des paiements fractionnés ou des microcrédits étaient souscrits par des jeunes de moins de 35 ans». A noter, ajoute Radio France, que dans cette catégorie d’âge, les femmes et les chômeurs sont davantage représentés. Interrogée par nos confrères, une étudiante âgée de 29 ans avoue avoir eu recours à deux minicrédits de ce type, 5 000 euros puis 1000 euros, car elle manquait de liquidités. Cela lui a permis de payer «les transports et la nourriture».
Mais ce genre de crédit est un cercle vicieux, car chaque mois, elle doit rembourser 200 euros. «C'est invivable, tu n'as même pas encore touché ton premier salaire que tu es déjà endetté», témoigne-t-elle. Toutefois, la situation devrait évoluer dans les mois à venir, car d’ici la fin de l’année, à la suite d’une directive européenne, l’encadrement des minicrédits va évoluer. «Il y aura une obligation, notamment en matière d'informations, de publicité, d'informations précontractuelles, contractuelles et surtout d'analyse de solvabilité», complète Hélène Arveiller.
148 000 dossiers déposés en 2025
Cette analyse de solvabilité est primordiale, car les établissements prêteurs devront «analyser la solvabilité de ces emprunteurs avant de décider de leur octroyer un crédit», ajoute la directrice adjointe des services aux particuliers de la Banque de France. Au total, un peu plus de 148 000 dossiers de surendettement ont été déposés auprès de l’institution en 2025, un chiffre en hausse de 10%. A noter que la dette est rééchelonnée dans près de la moitié des cas. Et lorsqu’il n’y a aucun espoir d’améliorations, le passif peut être effacé.



















