
Les séjours d’hiver restent marqués par de profondes inégalités. Seuls 9 % des Français partent en vacances à la montagne entre décembre et mars, d’après une enquête du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) publiée en 2024. Parmi eux, 20 % de cadres et 17 % des foyers à hauts revenus, contre seulement 6 % des catégories populaires.
Cet écart s’explique avant tout par le coût élevé des séjours à la neige. En plus du transport et de l’hébergement, il faut ajouter le prix des remontées mécaniques ou encore la location ou l’achat du matériel. Selon une étude réalisée par Abritel, le budget moyen atteint 729 euros par personne pour une semaine au ski. Une somme considérable qui contraint les plus précaires à renoncer au départ. Les foyers modestes, particulièrement ceux avec enfants, peuvent se tourner vers quelques aides pour envisager un séjour malgré le budget serré.
Les aides publiques et professionnelles
Plusieurs dispositifs publics peuvent réduire le coût d’un séjour. La Caisse d’allocations familiales (CAF) propose deux aides principales : l’Aide aux vacances enfants (AVE) et l’Aide aux vacances familles (AVF). Ces soutiens dédiés aux allocataires dépendent du quotient familial, qui doit rester sous un seuil fixé par chaque département, généralement compris entre 700 et 800 euros. Lorsqu’un séjour est réservé auprès d’un organisme labellisé Vacaf, la prise en charge peut atteindre 70 % du coût total du séjour.
L’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV) soutient également les jeunes adultes de 18 à 25 ans avec son programme Départ 18-25. Il est ouvert aux étudiants boursiers, apprentis, en service civique ou demandeurs d’emploi dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 17 280 euros pour une part.
Les chèques-vacances complètent ces dispositifs. Distribués par l’employeur ou le comité social et économique (CSE), ils peuvent servir à payer l’hébergement, le transport ou certaines activités. Les employeurs financent entre 50 à 80 % de leur valeur, en fonction du salaire du bénéficiaire. Dans certains territoires, la CAF ou la MSA en accordent aussi aux familles les plus modestes.
Les initiatives solidaires
Au-delà des aides publiques, plusieurs acteurs solidaires permettent aussi aux familles en difficulté de partir quelques jours. Par exemple, le Secours populaire organise des séjours encadrés pour les enfants, les familles, mais aussi pour les seniors. L’association propose aussi un accueil chez des bénévoles. Pour savoir si votre situation vous permet d’y accéder, il convient de vous rapprocher de votre antenne locale. Le Secours catholique fonctionne de la même façon, avec ses «vacances solidaires» construites autour des accueils solidaires par des bénévoles. Si ce dispositif fonctionne essentiellement pour les vacances d’été, certaines antennes peuvent aussi proposer des séjours en hiver.
De son côté, l’Agence nationale pour les chèques-vacances pilote la Bourse Solidarité Vacances. Ce dispositif dédié aux personnes en situation de précarité leur permet d’accéder à des séjours à des tarifs très attractifs. Pour en bénéficier, les demandeurs doivent impérativement passer par l’intermédiaire d’un référent social partenaire de l’ANCV.
Enfin, certaines communes peuvent accorder des aides exceptionnelles via leur centre communal d’action sociale. Un appel à la mairie permet de savoir si un soutien local existe et comment en faire la demande.


















