C’est un coup de gueule loin de passer inaperçu. Invité sur le plateau de CNews, le président du groupe Éclore, Stéphane Manigold, est revenu sur la question relative à la régulation des travailleurs sans papiers dans la restauration. Alors que le secteur est aujourd’hui considéré en tension, celui qui est aussi restaurateur de profession s’est dit favorable à la régularisation de ces derniers. «Ces personnes ne posent aucun problème à la France, ils travaillent, ils ont envie de travailler et ces personnes là il faut trouver une solution c’est-à-dire les régulariser pour qu’ils puissent travailler normalement et pas être en proie de ces salopars qui exploitent la misère humaine», a-t-il fait savoir.

Reprenant ensuite des chiffres qu’il considère comme étant clairs et factuels publiés par France Travail concernant les besoins en main-d’oeuvre, Stéphane Manigold a relevé que selon l’institution, aujourd’hui, le secteur de la restauration aurait besoin de 326 850 personnes pour couvrir des emplois non pourvus. «C’est ce que les syndicats disent. C’est faux. C’est simplement des intentions d’emploi parce qu’il manque un cas, parce qu’une personne est en arrêt maladie ou parce qu’une personne est en congé maternité», a-t-il expliqué.

32 000 chômeurs à Paris

Désireux d’aller plus loin dans son propos, le président du groupe Éclore a expliqué, que, selon France Travail, à Paris, il existe un besoin de main-d'oeuvre de 22 140 personnes dans le secteur de la restauration. Prenant ensuite les données collectées concernant les personnes actuellement au chômage «qui bénéficient de l’argent des Français pour rester à la maison», Stéphane Manigold a évoqué un total de 16 000 personnes disponibles de suite. «À Paris vous avez 5 227 serveurs disponibles tout de suite qui touchent le chômage, 7 397 cuisiniers et 2 055 saisonniers». Or, toujours selon le restaurateur, parmi ces 16 000 personnes, une personne sur deux au chômage ne souhaite pas apparaître dans ces chiffres. «Donc en réalité rien qu’à Paris, vous avez 32 000 personnes qui touchent le chômage et qui ne retrouvent pas le chemin du travail», a-t-il dénoncé.

Tandis que les personnes sans emploi dans le secteur peuvent profiter de plusieurs mois de chômage dans le cas où elles ne parviennent pas à signer un nouveau contrat de travail, Stéphane Manigold a appelé le gouvernement à prendre ses responsabilités. «Le courage politique c’est pas de ramener de la précarité dans la précarité», a-t-il fustigé. Et d’ajouter : «Si nous sommes un secteur sous tension, alors pourquoi continuer de protéger par le chômage ce même secteur en tension par 18 mois de chômage ?» Reprenant enfin les propos d’Emmanuel Macron qui avait déclaré à l’époque qu’il suffisait de traverser la rue pour trouver du travail, le restaurateur, lui, s’est voulu encore plus cinglant : «Non seulement il se trompe, parce qu’il n’y a même pas besoin de chercher un passage piéton pour traverser la rue, sur le même trottoir vous trouvez du travail».