Les restaurateurs tirent la sonnette d’alarme. Ils goûtent peu la proposition de loi qui doit clarifier les règles du travail le 1er-Mai. Pour rappel, l’année passée, les boulangers avaient manifesté leur indignation en constatant des contrôles jusqu’ici inexistants pour s’assurer que leurs salariés ne travaillent pas ce jour-là. Eux en ont l'autorisation, pas leurs employés. Résultat : le gouvernement a souhaité mettre au point une nouvelle règle, plus claire. Une nouvelle législation loin de satisfaire l'Umih et le GHR, deux des principaux syndicats du secteur de la restauration, nous apprend en exclusivité BFM Business, jeudi 15 janvier.

Et pour cause, le texte initial prévoyait que, désormais, les artisans employeurs pourraient travailler le 1er-Mai, sans leurs salariés, à l’exception des activités qui nécessitent une continuité du travail les jours fériés. Concrètement, les commerces de bouche pourraient bénéficier de l’exception. Jusque-là, tout va bien. Seulement voilà, un amendement prévoit que les salariés auront leur mot à dire. Ainsi, ils devront donner leur accord pour travailler ce jour-là, sans quoi ils pourront rester chez eux et ne pourront pas être licenciés pour ce motif.

Vers une fermeture de nombreux établissements ?

L’Umih et le GHR ont voulu marquer le coup. Dans une lettre adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, les deux syndicats ont rappelé que «les entreprises relevant de la Convention Collective Nationale des HCR (Hôtels, cafés, restaurants) ont toujours été autorisées à occuper leurs salariés le 1er mai, sous une règle simple, claire et parfaitement intégrée par la profession: le paiement double de cette journée». Par ailleurs, ils rappellent que ce modèle n’a jamais fait l’objet d’une contestation «majeure».

Les représentants des restaurateurs avancent également un autre argument de poids. Selon eux, «dans un contexte de pénurie structurelle de main-d’œuvre, cette incertitude ferait peser un risque réel et massif de fermetures d’établissements le 1er mai, en particulier dans la restauration». Une incongruité, donc, quand on sait que la nouvelle loi est censée apporter une sécurité supplémentaire pour les entreprises du secteur, et non les mettre en danger, avancent-ils. Reste à savoir si l’exécutif et le législateur l'entendront de cette oreille…

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