Angoisse du réchauffement climatique, boom des travailleurs indépendants, généralisation des technologies numériques, pression croissante des "citoyens-consommateurs"… les entreprises ne sont pas imperméables aux grands mouvements de société. Dans trente ans, le capitalisme aura vraisemblablement changé de visage. Le modèle dominant d'entreprise, celui d'une structure pyramidale hébergeant des salariés en poste et tournée uniquement vers l'accroissement du chiffre d'affaires et des profits, sera-t-il encore majoritaire ? Nul ne le sait. Mais dès aujourd'hui, des modèles "alternatifs" émergent, proposant de nouvelles façons de s'organiser, de produire, de partager le pouvoir ou d'être acteur dans la crise climatique. Voici cinq pistes pour explorer le futur des entreprises.

L'entreprise réseau

La pandémie l'a démontré : les activités de services, de conseil ou de création sont en mesure de fonctionner 100% en "distanciel". La voie ouverte à la multiplication des "entreprises-réseau". Leur principe : un noyau de dirigeants qui, au lieu de recruter, ne travaille qu'avec des free-lances, chacun étant expert dans son domaine. "Je peux ainsi faire appel à des compétences que je n'aurais jamais eu les moyens d'embaucher", témoigne Pauline Lahary, qui collabore avec une soixantaine d'indépendants (designer, graphiste, chef de projet …) pour développer depuis 2014 sa start-up, myCVfactory, spécialisée dans le coaching en recherche d'emploi.

En puisant selon ses besoins les ressources dans un vivier d'indépendants, la structure dispose d'un maximum de souplesse pour répondre à l'évolution de son activité. L'autre avantage est d'avoir accès aux compétences les plus "à jour" du moment, grâce aux plateformes virtuelles.

Pourquoi on va y venir ? La tendance paraît inéluctable : dès 2027, plus de la moitié des travailleurs américains seront free-lance, selon une étude d'Edelman Intelligence/Upwork. "Le principal défi pour l'entreprise réseau, souligne Sophie Serratrice, associée People & Organisation de PWC France et Maghreb, sera de créer un attachement avec ses compétences externalisées, par exemple en donnant accès à des formations." Les talents les plus courtisés sont aussi les plus volatils!

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