Le troisième lundi de janvier serait-il vraiment le jour le plus déprimant de l’année ? Derrière le concept très médiatisé du «Blue Monday» se cache avant tout une opération marketing. L’expression a été inventée en 2005 par une agence travaillant pour la compagnie aérienne britannique Sky Travel, dans le but d’inciter les consommateurs à réserver des vacances en plein hiver. Pour crédibiliser l’idée, ses promoteurs avaient avancé une prétendue formule scientifique censée prouver que ce lundi précis cumulait tous les facteurs de morosité.

Une équation sans fondement, rapidement discréditée par la communauté scientifique, rappelle BFM Business. Pour autant, si le Blue Monday est un mythe, le malaise associé au début de semaine, lui, est bien réel. La baisse de moral en hiver n’est en effet pas une illusion. Le manque de luminosité, les journées courtes et la fatigue saisonnière peuvent peser sur l’humeur. Mais surtout, le lundi concentre un niveau de stress supérieur à celui des autres jours de la semaine, en particulier chez les actifs.

Pic de stress et de risques pour la santé le lundi

Les chiffres sont éloquents. Plusieurs études ont montré une augmentation notable des accidents cardiovasculaires en début de semaine, avec un risque plus élevé d’infarctus et de décès cardiaques le lundi. D’autres travaux font également état d’un pic de suicides à ce moment précis. Pour beaucoup, le stress ne débute pas le lundi matin, mais bien plus tôt. Dès le dimanche après-midi ou en soirée, l’esprit se projette vers la reprise : dossiers en attente, réunions à venir, objectifs à tenir. Cette anticipation suffit à déclencher anxiété et tension.

«Si on a le blues du lundi matin, c'est qu'on a passé un bon week-end. C'est une affaire de rupture de rythme : pendant ces jours de repos, on fait généralement des activités qui nous ressourcent, qui nous plaisent, qui sont alignées avec nos valeurs», explique Samuel Laurent, psychologue du travail, interrogé par BFM Business. Selon lui, le cerveau réagit mal aux changements soudains, générant une forme de tristesse ou de résistance émotionnelle.

Mais le stress n’est pas toujours négatif : lorsqu’il est modéré et associé à des enjeux valorisants, il peut être bénéfique. «Quand quelque chose est important pour nous, notre corps déploie de l’énergie, il crée un peu de stress et ce n'est pas forcément mauvais, c'est même vecteur de bonne santé. Cela lui permet de mobiliser des ressources pour bien faire ce qui est important», souligne le psychologue. Le Blue Monday n’est peut-être pas scientifique, mais il rappelle que la reprise du travail après le week-end peut être un facteur de stress réel pour beaucoup.