C’est un indicateur qui est rarement mentionné sur les offres d’emploi, au grand dam des postulants. Selon une enquête du cabinet de recrutement Robert Half, menée auprès de 1 000 salariés français, plus d’un candidat sur deux (53%) ne postule pas à une offre d’emploi si le salaire n’est pas indiqué sur l’annonce. Plus globalement, l’enquête démontre que les Français interrogés expriment massivement un besoin d’informations complètes et précises dès le début du processus d’embauche. 62% des salariés attendent une description claire du poste et de ses missions, 49% une communication transparente sur le salaire et ses évolutions et 37% une bonne entente des interlocuteurs. «Ces chiffres témoignent d’une ère de la transparence, devenue indispensable pour éviter erreurs de casting, désillusions et perte de temps, tant pour les candidats que pour les employeurs», commente Matthieu Imbert-Bouchard, directeur général de Robert Half France.

Plus de transparence sur les salaires en juin 2026

Plus inquiétant encore, plus d’un tiers des candidats interrogés (36%) jugent les processus d’embauche inefficaces. Un chiffre qui grimpe même à 40% chez les 18-34 ans, qui sont les plus critiques sur le sujet, contre 36% chez les 35-44 ans et 33% chez les 45-65 ans. «Certains dirigeants des entreprises que nous accompagnons admettent que leur processus de recrutement date souvent de cinq à dix ans. Pourtant, le secteur a changé plusieurs fois en quelques années seulement», déplore Matthieu Imbert-Bouchard. Pour y remédier, les recruteurs doivent mettre en place un processus structuré, rapide et transparent. C'est un gage de fiabilité.» Accroître la rapidité des recrutements est en effet une demande unanime, toutes générations confondues, puisque 95% des salariés interrogés estiment qu’un bon processus ne devrait pas dépasser trois étapes, et 63% qu’il doit être conclu en moins de quatre semaines.

Bonne nouvelle pour les candidats, les recruteurs devraient faire preuve de plus de transparence dès l’année prochaine. En effet, à partir de juin 2026, les entreprises françaises seront tenues d'afficher les salaires ou une fourchette de rémunération dans leurs offres d'emploi, conformément à une directive européenne publiée en 2023. Les annonces devront ainsi mentionner le montant de la rémunération initiale, incluant les avantages éventuels (primes, treizième mois...). Les formulations trop vagues comme par exemple «salaire selon profil» ou «rémunération attractive» seront proscrites.