«Cela devait être un site commercial dynamique, moderne, avec beaucoup de contenus et de services. J'étais persuadé que ça marcherait…» Il y a une dizaine d'années, Stéphane et son meilleur ami imaginent un site Internet pour promouvoir des voyages touristiques. Il devait gérer le contenu, l'administratif et les partenariats commerciaux, tandis que son «associé» assurait toute la mise en place technique. «On est partis seuls, sans informations, sans connaître les éventuels écueils, avec des niveaux de disponibilité à géométrie variable. J'assumais mon job le jour, je bossais comme un dingue le soir», se remémore-t-il. Son ami a lui aussi un emploi, mais également un nouveau-né à gérer…

Quelques mois plus tard, les deux amis abandonnent et leur relation se distend jusqu'à devenir inexistante. «Cette entreprise mal préparée a laissé des traces. J'ai perdu un ami et toute envie de me lancer à nouveau. Dans mon ressenti, créer une entreprise, c'est au-dessus de mes forces.» Stéphane a «un peu honte», pourtant sa situation n'a rien de surprenant : «On a encore beaucoup trop de personnes qui se lancent seules alors qu'il existe en France un écosystème d'acteurs pour les accompagner», annonce Basile Albert, responsable développement à l'Association pour le droit à l'initiative économique (Adie), présente sur tout le territoire pour aider les porteurs de projets à créer leur activité en indépendant ou leur entreprise.

Son constat est partagé par la plupart des acteurs du tissu économique et associatif : sans accompagnement – Chambre de commerce et d'industrie, Chambre des métiers, réseau type BGE ou collectif de chefs d'entreprise – une entreprise a nettement plus de risques de mettre la clé sous la porte.

«Le taux de pérennité moyen en France tourne autour de 50% au-delà de cinq ans d'existence. Les entrepreneurs accompagnés atteignent de 60 à 90% de taux de pérennité selon les réseaux. C'est un vrai booster», estime Thibault de Saint Simon, directeur général de la Fondation Entreprendre, l'une des plus grosses structures d'accompagnement à la création entrepreneuriale en France. D’autant que, dans l'Hexagone, ce ne sont pas les bonnes volontés qui manquent, si l'on en croit le discours de Bertrand Vergès, chef du service attractivité de la région Ile-de-France : «Les créateurs d'entreprise sont vus d'un très bon œil par nos services car, de manière générale, ils représentent un levier conséquent pour accomplir nos objectifs de développement économique, particulièrement dans la création et le maintien de l'emploi dans la région.» La logique reste la même sur tout le territoire. Puisque les dispositifs existent, autant ne pas s'en priver !

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