Elle n’avait plus le choix. Voilà trois ans que Julie Devictor a quitté Clichy pour Sannois, dans la grande couronne parisienne. “Les loyers et les appartements en vente coûtent trop chers”, soupire cette infirmière en pratique avancée (IPA) qui est née et a vécu plus de 40 ans dans cette ville limitrophe de la capitale, à quelques pas de l’Hôpital Beaujon où elle soigne les patients. Et ce n’est pas sa nouvelle casquette d’IPA qui l’aide à joindre les deux bouts, malgré sa formation de deux ans de niveau master (bac +5) à la pratique avancée en oncologie hépatique.

À 42 ans et avec 18 ans d’expérience aux petits soins des patients, Julie Devictor touche moins de 2.400 euros net par mois. “2.378 euros après impôt très exactement”, précise l’infirmière qui a commencé sa carrière en 2005 avec un salaire qui n’excédait pas 1.500 euros net. “Même à l’époque, c’était peu cher payé au vu des prix des mètres carrés”, souffle-t-elle. Difficile, pour Julie Devictor, de s’offrir le confort de vie qu’elle attendait en travaillant près de Paris. “J’ai d’abord été logée par mon hôpital dans un petit appartement au-dessus de la pharmacie, je payais 200 euros par mois. Pas cher, certes, mais j’ai arrêté de compter les cafards”, se souvient-elle. Deux ans plus tard, en 2007, elle obtient un grand studio de 40 mètres carrés avec un balcon dans un HLM à Clichy. “Et encore, ils me disaient que je ne gagnais pas trois fois le montant du loyer donc j’ai dû avoir deux garants”, lâche-t-elle. Son loyer monte à 500 euros, lui laissant moins de 1.000 euros pour l'alimentation et les autres charges de la vie courante.

La moitié du salaire dépensée dans le logement et les charges

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