George Clooney aime la France, au point de s'y être installé, avec son épouse Amal et leurs deux enfants – plus précisément à Brignoles, dans le Var. Environ six mois dans l'année, les habitants de cette petite commune bordée de vignobles et baignée de soleil, peuvent y croiser la star américaine, qui a eu un coup de cœur pour ce havre de quiétude loin du tumulte hollywoodien il y a quelques années déjà. George et Amal Clooney y sont d'ailleurs propriétaires d'un domaine vinicole. Loin de vivre caché, le couple a scolarisé ses enfants sur la commune, se montre régulièrement, au cinéma local inauguré par leurs soins, et même, selon des habitants qui ont eu la surprise de leur vie... au drive du McDonald's.

Le 27 décembre 2025, la famille Clooney a obtenu la naturalisation française, par décret. On peut y voir, au choix, la «récompense» de leur implication dans la vie locale brignolaise, un coup de pub supplémentaire pour le département du Var ou une pure injustice pour tous ceux qui peinent à obtenir ce sésame malgré les efforts qu'ils déploient. Le débat était abordé le 30 décembre sur le plateau des Grandes Gueules, sur RMC. «George Clooney, je lui aurais donné un titre de cheminot d'honneur parce qu'il a défendu la SNCF» commence le chroniqueur et cheminot syndicaliste Bruno Poncet. Mais «il vaut mieux être acteur que cuisinier malien ou éboueur algérien qui n'ont pas la nationalité par décret», ajoute-t-il.

«George Clooney, parce qu'il a acheté une bâtisse à 8 millions d'euros, on le naturalise !»

Bruno Poncet rappelle : «George Clooney n'a jamais fait un film qui relate l'histoire de la France, il n'a jamais fait une interview en français et n'a jamais fait quelque chose qui fait rayonner la France». Des propos auxquels souscrivent des travailleurs étrangers installés dans l'Hexagone questionnés par la chaîne. Parmi eux, Délinda, qui vit en Savoie : «J'ai fait ma naturalisation il y a 30 ans, j'ai respecté tout ce qu'on m'a demandé de faire, j'ai montré patte blanche et j'ai attendu 16 à 18 mois pour avoir un papier du ministère». Ajoutant avec amertume : «George Clooney, parce qu'il a acheté une bâtisse à 8 millions d'euros, on le naturalise !»

César, travailleur portugais travaillant en France depuis plusieurs années, a le plus grand mal à décrocher sa naturalisation : «N'importe quel citoyen est obligé de prouver qu'il parle et écrit le français. Et quand je vois l'acteur à la télé, il parle anglais. Moi, je suis en France depuis 17 ans, j'ai demandé la nationalité parce que je ne peux pas accéder à certains emplois et lui a un passe-droit !» César passe un temps fou à demander un nombre faramineux de documents au Portugal, et à les faire traduire, pour espérer obtenir cette reconnaissance. Mais rien à faire : «Ce qui me choque, c'est le manque de transparence et de franchise».

La galère des travailleurs étrangers pour obtenir la naturalisation

D'autres témoignages affluent sur RMC. Comme celui de Roberto, ancien légionnaire : «Je suis d'origine brésilienne, je suis en France depuis 25 ans, quand j'ai quitté la légion étrangère avec mon certificat de bonne conduite, j'ai fait les démarches mais ma naturalisation n'a pas été faite. Aujourd'hui j'ai mon titre de résident valable 10 ans que je dois renouveler. J'ai laissé tomber.» Le beau-frère ukrainien de Fabien, quant à lui, «a le niveau de français suffisant, travaille et paie ses impôts en France et on lui a refusé la naturalisation parce qu'il ne connaît pas assez l'histoire de France et notamment les rois de France», se désespère Fabien, pour qui la naturalisation accordée à George Clooney semble pour le moins... fort de café.