Depuis un an, privés de leurs repères habituels, de nombreux cadres ou indépendants ont pris conscience que leur mode de vie ne correspondait plus à leurs attentes profondes. Motivation à plat, perte de sens, déséquilibre vie professionnelle-vie privée… Ces paramètres, habituellement étouffés dans le feu de l'action, se sont mis à clignoter en rouge sur le tableau de bord des cols blancs. Parallèlement, l’ouverture des vannes du télétravail a permis à de nombreux salariés de changer de cadre ou d'organisation, tout en conservant le même job. Et certains n'ont pas hésité à se mettre au vert. Ce qu'ils démontrent : inutile de tout bazarder pour retrouver énergie, confiance et plaisir au travail.

Caroline Couty : entrepreneuse à impact

Pour organiser le lancement de produits de beauté, Caroline Couty était championne. Mais, au printemps dernier, la fondatrice de l'agence The Good Start a décidé de réinventer la «raison d'être de son activité». «Bien gagner ma vie et créer de l'emploi ne me suffisaient plus, explique l'entrepreneuse de 46 ans. Pour renouveler mon intérêt, j'avais besoin d'un nouveau départ, de travailler sur des sujets capables de transformer la société.» Une remise en question qui l'a conduite à adopter le statut d'entreprise à mission. Du champ rebattu de la transformation numérique, elle est passée à celui de la «transformation inclusive», privilégiant les outils digitaux «qui ne laissent personne sur le bord de la route». «Nous travaillons par exemple avec un bailleur social pour rendre son application accessible aux locataires les moins à l'aise avec Internet», détaille Caroline Couty, qui est aussi à l'origine d'ateliers gratuits pour lutter contre l'illectronisme (Les Bouées numériques).

>> A lire aussi - “Ce n'est pas le bonheur qui donne du sens au travail, mais l'inverse”

Pivoter vers un modèle plus vertueux en pleine pandémie, alors que l'activité économique tourne au ralenti, n'est-ce pas multiplier les risques ? Non, affirme l'entrepreneuse : «Les grands groupes sont de plus en plus sensibles à ce type de structures légères au savoir-faire avéré pour mettre en œuvre des projets sérieux dans le cadre leur politique de RSE.» Pour finir de boucler sa révolution interne, ses quatre salariés et elle ont quitté le centre de Paris pour se poser sur les bords du canal de l'Ourcq, à Pantin (93), dans un vaste espace qui accueille également des indépendants en télétravail. L'occasion d'ouvrir son entreprise à d'autres profils : «C'est un point de ralliement pour des acteurs du territoire qui veulent changer la société dans laquelle ils vivent», proclame la fondatrice, heureuse d'enrichir son cercle de relations et de la perspective d'afterworks au bord de l'eau. «Quand la crise sanitaire sera derrière nous !»

La suite est réservée aux abonnés
Offre spéciale -30% avec le code HIVER26
  • Accès à tous nos articles pour comprendre l’économie
  • Des conseils pratiques et solutions concrètes pour gérer vos finances
  • Lecture immersive, publicité limitée
  • Sans engagement