Heureux comme un patron chez Dacia… En ce début juillet, Denis Le Vot, le directeur général de la filiale à petits prix de Renault, a le sourire. Les chiffres de vente pour le premier semestre 2022 viennent de tomber. Et ils sont bons. En France, le constructeur a progressé de 3% par rapport à la même période de l’an passé, sur un marché en recul de plus de 16%. En Europe, il est le seul occidental à enregistrer des résultats commerciaux à la hausse (+5,9%). La pénurie de composants, en particulier de semi-conducteurs, continue à brider l’activité de la plupart des fabricants, également gênés par l’augmentation du prix des matières premières et les difficultés logistiques liées au conflit en Ukraine.

Mais Dacia, lui, parvient à passer entre les gouttes, notamment parce que ses voitures embarquent moins d’électronique que les autres. «Plus ça se tend, plus on vient vers nous!», se félicite le boss, qui reçoit dans une salle du Technocentre de Renault à Guyancourt (78), où trônent les nouveaux emblèmes de la gamme: Jogger, le récent crossover qui peut offrir jusqu’à sept places, Bigster, le prochain grand SUV du segment C, enfin la version restylée du Duster, qui déboulera sur les routes en 2024.

A croire que rien ne peut détourner la maison mère de la Logan de sa mission sacrée: proposer des modèles sortis d’usine juste au-dessus du prix de l’occasion, grâce à d’efficaces méthodes de grippe-sou dont la marque a le secret. Les tarifs s’étagent ainsi de 10.990 euros pour la Sandero à 19.800 euros hors bonus pour la Spring, la voiture électrique la plus vendue en France au premier semestre de cette année. A comparer aux 33.950 euros facturés par Stellantis pour rouler en Peugeot e-208!

Vu l’inflation du prix des voitures neuves (en France, les tarifs moyens ont augmenté de 7.000 euros entre 2010 et 2020 selon l’argus), l’argument de Dacia fait mouche. «Les voitures sont devenues inabordables pour une partie du marché. Dans ce contexte, et même si le tarif des Dacia augmente légèrement, la marque reste très compétitive, elle répond à un besoin sociétal», confirme Hervé Guyot, senior adviser au sein du cabinet Oliver Wyman.

Quelle consécration! Tout a commencé en 1997, lors d’un déplacement de Louis Schweitzer en Russie. En visite dans une concession Lada, le président de Renault avait alors repéré un modèle de berline à 6.000 dollars toutes options comprises. Or, l’idée d’ajouter une gamme de véhicules premier prix à l’offre de la marque au losange pour se développer à l’international avait déjà été évoquée au siège de Boulogne-Billancourt (92). Renault avait même été candidat au rachat de Skoda, finalement raflé par Volkswagen.

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