Les secrets les mieux gardés de Stellantis se trouvent ici. A Vélizy (Yvelines), le centre de design du groupe domine le paysage telle une forteresse des temps modernes. A l’intérieur, une voiture attend dans une lumière tamisée évoquant une veillée d’armes. Quelques concessionnaires ont été invités à condition de rester discrets sur ce qu’ils vont voir. Le modèle best-seller de Citroën, la C3, va enfin arriver en version électrique en Europe. La citadine porte une lourde responsabilité: elle doit amorcer l’opération de reconquête lancée par l’entreprise française.

Le constructeur aux chevrons a beau faire partie du patrimoine tricolore et garder une puissante notoriété, ses ventes baissent année après année et la marque semble en voie de ringardisation accélérée. Comment en est-elle arrivée là? Les rumeurs sur les déboires de Citroën ont enflé pendant des mois, jusqu’à ce que la crise éclate au grand jour en février dernier. Au lendemain de la présentation de ses résultats financiers, Stellantis débarque Vincent Cobée, trois ans à peine après son arrivée à la tête de la marque.

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Le groupe ne communique pas les comptes détaillés de sa filiale, mais Citroën perd du terrain de façon flagrante. En 2022, les ventes ont décroché de 19% en France et de 16% en Europe. On a bien vu un petit redressement sur les premiers mois de 2023, mais la part de marché de Citroën reste riquiqui... Seulement 3% sur le Vieux Continent entre janvier et mai. C’est deux fois moins qu’en 2008 !

Citroën doublé par Dacia

Et cette dégringolade a permis à un redoutable concurrent de doubler Citroën: Dacia. La marque low-cost du groupe Renault a livré 100.000 voitures particulières de plus que son rival en 2022. Chez Stellantis, on répète à l’envi que la rentabilité compte plus que les volumes. Mais la blessure d’ego reste douloureuse pour Citroën, qui se targue d’incarner la voiture populaire. Et du côté des syndicats, le déclin des ventes reste un sujet de vigilance. «Si la baisse des volumes se poursuit dans la durée, certaines usines pourraient se retrouver en surcapacité. Cela veut dire des jours de chômage, voire des réductions d’effectifs», alerte Jean-Marie Roy, membre du bureau central de la CFTC Stellantis. De fait, certaines usines du groupe tournent déjà au ralenti. Le site de Rennes (Ille-et-Vilaine), historiquement lié à Citroën, ne tournait qu’à la moitié de ses capacités en 2021, menaçant de glisser au-dessous du seuil de rentabilité.

Le vénérable constructeur de la 2CV et de la C15 incarne-t-il toujours l’idéal de la voiture franchouillarde ou, pour le dire plus poliment, de la mobilité accessible et innovante? Ce n’est plus si sûr alors que, chez les vendeurs, la grogne monte à cause du manque de nouveautés. En 2022, Citroën a stoppé la production de son dernier véhicule de segment A, la petite C1, qui s’était vendue à 1,2 million d’exemplaires. Elle reste sans remplaçante, car ces petits modèles d’entrée de gamme sont peu rentables pour les industriels.

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