Tic tac, tic tac, les jours qui vous séparent de l’achat de votre future voiture sont comptés, il vaut mieux ne pas trop le repousser si vous voulez bénéficier d’un coup de pouce de l’Etat. Le gouvernement Barnier est en pleine négociation autour du budget 2025 et ça n’y manque pas, les automobilistes vont trinquer. Les coupes budgétaires pourraient abaisser l’enveloppe prévue pour le verdissement du parc de 1,5 à 1 milliard d’euros l’année prochaine, si le texte gouvernemental est validé tel quel à l’occasion des débats à l'Assemblée.

Parmi les principales économies, figure la possible suppression de la prime à la conversion, mesure révélée par Les Echos. Jadis appelée prime à la casse, cette aide vous permet selon vos revenus de toucher jusqu’à 5 000 euros lors de l’achat d’une voiture neuve de type électrique, hybride ou hydrogène (3 000 euros pour une d’occasion peu polluante de Crit’Air 1). À condition de vous débarrasser de votre ancien véhicule à la casse (Crit’Air 3 ou plus). Cette prime à la conversion n'a donc plus sa place dans le projet de loi de finance 2025 dans le but de «rationaliser et simplifier les dispositifs de soutien à l’achat de véhicules propres», aurait expliqué le gouvernement.

Un bonus écologique resserré…

Cette suppression doit en effet permettre à l’Etat de consacrer l'entièreté de l'enveloppe dédiée au verdissement du parc automobile aux deux autres leviers en place : le leasing social et le bonus écologique, axés sur l'acquisition d'un véhicule électrique. Sauf que là aussi, le rabot est en marche. Le bonus écologique a par exemple basculé de 5 000 à 4 000 euros entre 2023 et 2024. Et est désormais soumis à des conditions d'attribution beaucoup plus strictes, calées sur l’atteinte d’un score environnemental : cette aide ne se déclenche plus désormais que pour l'achat d’un véhicule électrique affichant un bon bilan carbone à la production (en Europe uniquement), et ne coûtant pas plus de 47 000 euros. Cela devrait empirer à partir de janvier, puisque cette aide pourrait être rabotée de 1 000 euros de plus, pour tomber à 3 000 euros. Les spéculations ne disent pas si les foyers les plus modestes profiteront encore d’une majoration, soit d’un bonus à 7 000 euros.

Et côté leasing social ? L'incertitude persiste quant à la nouvelle version de ce dispositif de location de longue durée de véhicules électriques, normalement facturé 100 euros par mois. Le ministre délégué aux Transports a tout de même confirmé son réenclenchement l’année prochaine, mais sans en donner les contours. C’est une bonne nouvelle certes, mais le dispositif pourrait être encore moins généreux : rappelons qu’en début d’année, le gouvernement avait stoppé net le nombre de candidatures, après seulement un mois, pour ne retenir que 50 000 premiers bénéficiaires. Là encore, il faudra attendre les débats parlementaires et le décret pour connaître les montants.

Des automobilistes punis par le malus

Que dire du malus écologique ? Comme c’est avec ce dispositif que le gouvernement entend remplir ses caisses, la facture devrait être particulièrement douloureuse pour les automobilistes. Selon le barème complet publié il y a quelques jours, son seuil de déclenchement serait abaissé de 5 g, glissant de 118 à 113 g/km. Et la taxe sur le CO2 passerait de 60 000 à 70 000 euros pour les véhicules polluants, dès lors que leurs émissions sont supérieures ou égales à 193 g/km. C’est donc un plus grand nombre de véhicules qui devraient être soumis à cette taxation (80% de modèles touchés contre 40% en 2023), y compris les plus petits, exemptés jusqu’ici. A l’image de la Peugeot 208 essence, qui devrait écoper de 125 euros de malus. Quant aux Renault Captur, ils devraient voir le montant moyen de leur malus doubler, à 695 euros.

Pour ne rien arranger, les voitures hybrides (qui ne se rechargent pas) n'auraient pour la plupart plus d'abattement et seraient désormais autant pénalisées que les thermiques. Tandis que les hybrides rechargeables ne bénéficieraient plus que d'un abattement de 200 kg pour le calcul de leur taxe au poids. Rappelons qu’à sa création en 2008, le malus ne s'appliquait qu’aux véhicules émettant au minimum 161 g/km de CO2 pour une taxe qui n'excédait pas 1 600 euros…

Sur ce point, rien n’est toutefois joué. Réunis en commission, les députés ont décidé jeudi soir de supprimer la disposition prévoyant l'alourdissement du malus pour les essence et diesel. Cet amendement porté par le groupe Droite Républicaine a reçu un avis favorable du rapporteur général du Budget, Charles de Courson. Une première étape saluée par la filière automobile, mais l'exécutif pourra tout de même passer en force à la fin des débats, qui débutent à peine.

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