Bonne nouvelle pour les recalés du leasing social en 2024 ! Vous allez pouvoir retenter votre chance et enfin rouler en voiture électrique, moyennant environ 100 euros de votre poche chaque mois. Mais attention, les modalités ont complètement changé. Un arrêté du 20 juin, entré en vigueur hier au Journal officiel, scelle (enfin) ce dispositif d’aide à la location d'une voiture électrique pour les particuliers les plus modestes.

Comme attendu, on y apprend que l’Etat s’écarte de ce programme pour laisser la main aux fournisseurs d’électricité et que le montant de l’aide sera contenu. Voici ce qu’il faut retenir du nouveau système de location sociale de voitures électriques, de son nom officiel désormais, dont les candidatures s’ouvriront en France au mois de septembre.

Un leasing social bien loin des 13 000 euros de subvention

Serez-vous parmi les bénéficiaires de ce leasing social nouvelle génération ? Dans le texte de loi, il est indiqué que «ce programme de soutien à la location de voitures électriques aux particuliers sous conditions de revenus porté par l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) doit soutenir financièrement la location d'au moins 50 000 voitures particulières électriques à destination des ménages modestes». Ces demandes de dossiers seront bel et bien financées par les fournisseurs d’électricité par le biais des CEE (Certificats d’économie d’énergie) sur une période de cinq ans, soit jusqu'en 2030.

En résumé, ces énergéticiens doivent prouver qu’ils aident les Français à réduire leur consommation. Pour cela, ils financent des actions dites «vertes», comme le passage à la voiture électrique. En échange, l’État leur accorde des CEE, qu’ils sont obligés de collecter. Ces derniers ont une valeur financière : ils permettent de proposer des réductions sur ces actions écologiques. Depuis mars 2025, ils peuvent même compléter ou remplacer le bonus écologique pour l’achat d’une voiture électrique neuve. Dans le cadre du nouveau leasing social, ces aides prendront la forme de loyers mensuels réduits.

Autre nouveauté : l’enveloppe des subventions a donc logiquement été rabotée, à hauteur de 369 millions d’euros. D’après les calculs, le montant d’aide unitaire est donc abaissé à 7 380 euros par voiture, au lieu de 13 000 euros l’an, lorsque le gouvernement incluait le bonus écologique. Sauf que dans l’arrêté, il est indiqué que ce système de location sociale n’est plus cumulable avec ce bonus, allant de 2 000 à 4 000 euros selon les revenus. Contrairement à l’édition précédente où certains véhicules se valorisaient 40 euros par mois, les loyers mensuels ne devraient pas être inférieurs à 100 euros désormais, voire dépasser ce seuil, dans le but de préserver la valeur résiduelle des véhicules (valeur de revente). Rappelons qu’il était quand même possible de rouler au volant d’une Citroën ë-C3 pour 54 euros par mois l’année dernière…

Si le gouvernement annonce au moins 50 000 bénéficiaires, il se pourrait que ce chiffre augmente. Car il y aura une part de 5 000 voitures électriques réservées «pour les personnes dont le domicile ou le lieu de travail est situé dans une commune dont une partie du territoire est située au sein d'une zone à enjeu pour la qualité de l'air», d’après le texte de loi. Les Zones à faibles émissions (ZFE) étant supprimées, la liste des communes concernées et des voitures particulières éligibles sera précisée prochainement par l'Ademe qui pilote le dispositif.