Vous avez dit fataliste? Pour Vincent Montoux, président de l’association des concessionnaires du groupe Volkswagen en France, la disparition programmée des véhicules à essence n’a rien de réjouissant. «Ce n’est pas comme si nous avions le choix: nous n’interviendrons plus sur les moteurs, on ne fera plus de vidange, ni de changement d’échappement ou de courroie de distribution, etc.», détaille celui qui est aussi directeur général du groupe de distribution automobile Suma. Et qui espère, à l’avenir, se tourner vers la maintenance de batteries électriques.

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Il n’est d’ailleurs pas le seul à s’inquiéter, depuis le 14 février dernier, et le vote du Parlement européen en faveur de la mise en place, dès 2035, d’une mobilité individuelle propre, qui verrait toute émission de CO2 supprimée, voitures et utilitaires légers mélangés. Certes, les Allemands, soutenus par l’Italie, la Bulgarie et la Pologne, ont réussi moins d’un mois plus tard à reporter ce processus, en bloquant le vote final de la mesure au Conseil de l’Europe. Le 27 mars dernier, l'Union européenne a finalement voté l'interdiction des moteurs thermiques d'ici à 2035.

Mais toujours est-il que pour la plupart des observateurs, l’ambition écologique des pouvoirs publics ne prépare rien d’autre que l’avènement de l’automobile électrique. Un tremblement de terre pour tous les constructeurs du Vieux Continent, puisque seuls les plus petits d’entre eux, fabriquant moins de 1.000 unités par an, seraient dispensés de ces obligations… Une manière de protéger certaines marques comme Bugatti, mais ni Porsche ni Ferrari, qui vendent des volumes largement supérieurs, et encore moins, bien évidemment, les plus gros groupes.

Si elle devait aller à son terme, cette réglementation constituerait d’abord une sacrée casse sociale. «L’électrique, c’est l’effet double lame: cela élève le coût de fabrication et fait monter en gamme les véhicules. On perd, dès lors, la clientèle des ménages les plus modestes, et cela fait moins de volumes à fabriquer… Ce qui mène à des baisses d’emploi», résume Bernard Jullien, économiste et maître de conférences à l’université de Bordeaux. Dans la foulée de l’annonce réglementaire européenne, Ford avait ainsi annoncé sa volonté de se séparer de 3800 postes en Europe. «Ces changements sont motivés par la transition vers des groupes motopropulseurs entièrement électriques et la réduction de la complexité des véhicules», pointe le constructeur américain.

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