
C’est une fraude massive passée pourtant inaperçue pendant plusieurs semaines. Plusieurs garagistes français ont été victimes d’une vaste opération menée par des hackers sur le système d’immatriculation français, le SIV. Les cybercriminels sont en effet parvenus à entrer dans les comptes des garagistes et ont pu générer des milliers de cartes à leur insu, a appris Franceinfo. Le problème, c’est qu’on leur réclame aujourd’hui des sommes énormes, comme à ce garage situé dans le Calvados, à Saint-Rémy-sur-Orne. Tout est parti en réalité d’un simple email.
Comme le raconte la patronne du garage familial, elle ne s’est rendu compte de rien jusqu’au jour où elle a découvert sur son compte en banque un prélèvement de 146 000 euros. «Ce mois-là, je n'avais fait que 640 euros de carte grise. J'ai compris tout de suite que j'avais été piraté au niveau de mon habilitation», relate-t-elle. La garagiste se rend alors compte que 930 cartes grises ont été fabriquées en son nom, «parties en Guadeloupe, en Corse et sur toute la France», détaille-t-elle, ce qui est évidemment impossible.
Des plaintes déposées… sans effet
Si elle a déposé plainte pour fraude et usurpation, l’Etat lui réclame toujours la somme. «Comme c'est notre agrément, on est responsable, c'est à nous de payer», explique-t-elle à Franceinfo. Mais impossible en l’état actuel de payer une telle somme, si ce n’est de tout perdre. «On perd notre garage et on perd notre maison (…) Maryline. On ne sait même pas si dans un an, on sera toujours ouvert. Même nos salariés se disent que dans un an, ils peuvent être dehors.»
146 000 euros, une somme énorme, mais ce n’est rien à côté d’un de ses collègues dans le même département. Garagiste près de Ouistreham, il a été victime de la même fraude qui touche au total 22 garages. Sauf qu’on lui réclame pas moins de 600 000 euros. S’il a déposé plainte, depuis, les services de l’Etat continuent de lui réclamer ces taxes fiscales, explique-t-il à Ouest-France. «Je ne dors plus beaucoup depuis deux jours», reconnaît-il. Seul moyen pour eux aujourd’hui d’obtenir gain de cause : une décision de justice en leur faveur.
Plusieurs garages menacés de fermeture
Interrogée, la Fédération nationale de l'automobile (FNA) qui représente ces garages chiffre le montant total de cette fraude à trois millions d’euros et une recrudescence des tentatives d’hameçonnage ou d’usurpation d’identité. «Le ministère de l’Intérieur a identifié un mode opératoire qui consiste à se faire passer pour un service de l’Etat afin d’obtenir des identifiants de connexion des professions», précise à Ouest-France, son vice-président, Bruno Choix. Ensuite, avec ces éléments, libre aux malfrats de créer des centaines de fausses cartes grises.
Mais Bruno Choix pointe surtout des défaillances quant à la sécurité sur le système d’immatriculation français. «Quand vous voyez que la moindre transaction avec une banque, on vous demande un code avec une double authentification, et là on ne vous demande rien. C'est juste un code à quatre chiffres, il n'y a rien de plus simple à pirater.» Il réclame que le site soit sécurisé au plus vite et demande que la faute ne soit pas rejetée sur les garages. La FNA a écrit au gouvernement pour faire annuler ces dettes, au risque de la fermeture de nombreux établissements.
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