Recevoir des contraventions pour des infractions jamais commises : le cauchemar n’a rien d’exceptionnel. Avec près de 250 000 usurpations d’immatriculation par an selon le ministère de l’Intérieur, le phénomène s’est amplifié depuis que la gestion des cartes grises a été confiée à des opérateurs privés afin de décharger les préfectures. Le numéro de plaque provisoire étant automatiquement attribué à un autre automobiliste après un délai de 14 mois, «quand deux mêmes plaques circulent en même temps, malheureusement, c’est le dernier détenteur qui reçoit les procès, en majorité pour des excès de vitesse», explique le garagiste nordiste Stéphane Ponchaux au micro de TF1. Certains automobilistes ont ainsi vu s’accumuler des centaines d’amendes, pour des montants atteignant plusieurs centaines de milliers d’euros.

Pour tenter d’endiguer ces dérives, l’État a modifié l’apparence des plaques provisoires utilisées pour les véhicules neufs ou importés. Exit les WW blanches, difficiles à distinguer : place au rose, bien plus voyant. Ce changement n’a rien d’esthétique. «L'objectif, c'est de faciliter l'identification et le contrôle pour les forces de l'ordre, afin de lutter contre la fraude et d'éviter que les gens ne roulent avec une plaque provisoire qui a expiré», explique la commissaire Cassandre Leblond, du Service départemental de sécurité publique du Nord. Résultat : les contrôles se multiplient.

Une date limite bien visible, «comme pour les yaourts»

«Depuis que j’ai ces plaques roses, je me fais sans cesse contrôler. Pourtant, c’est marqué qu’elles sont valides encore 4 mois, donc je ne comprends pas», soupire un automobiliste. Car en effet, la date limite figure clairement sur la plaque. «Vous avez la date de péremption dessus, comme pour les yaourts. Donc le policier sait immédiatement si le gars est dans les clous ou pas», souligne Marc Jeansou, président de l’Automobile club du nord de la France. L’objectif est double : détecter les fraudes mais aussi éviter les oublis. Car circuler avec une plaque expirée expose à une amende de 135 euros, un montant sans commune mesure avec les conséquences financières d’une usurpation.

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