
Peu de voitures portent le nom de leur propriétaire. La papamobile en fait partie. La voiture officielle du pape, toute de blanc vêtue, est reconnaissable par sa plaque d’immatriculation iconique «SCV 1» (State of Vatican City 1), mais aussi par les armoiries du Vatican. Cet objet d’histoire indissociable des déplacements du pape a su évoluer avec son temps. La dernière en date ? En décembre dernier, le défunt pape François recevait une toute nouvelle papamobile électrique. Ce nouveau véhicule offert par Mercedes, une G580 avec technologie EQ, a été complètement personnalisé pour répondre aux besoins de l’Eglise.
Dotée de quatre moteurs électriques, la chaîne cinématique a été optimisée pour les déplacements à vitesse réduite. L’intérieur aussi a été transformé : une seule assise centrale remplace la banquette arrière, pivotante et ajustable en hauteur, idéale pour s’adresser à un public. Deux sièges d’appoint complètent l’espace. A l’extérieur, le toit a été ouvert gardant un toit rigide amovible en cas d’intempéries. Côté prix, peu d’informations ont été communiquées. Toutefois, pour vous donner un ordre d'idée, la G580 avec technologie EQ AMG Line est commercialisée au «grand public» au prix minimum de 176 251 euros.

La papamobile et le Vatican, une longue histoire qui roule
Cette papamobile électrique offerte en décembre dernier est loin d'être le premier véhicule du Vatican. Depuis presque un siècle, Mercedes-Benz conçoit des véhicules spécialement destinés aux déplacements et apparitions publiques du chef de l'Eglise catholique. Le tout premier modèle conçu à cet effet remonte à 1930 : une Nürburg 460 Pullman Berline, livrée au pape Pie XI. Cet objet d’art et d’histoire est aussi devenu une vitrine pour les marques.
C’est en 1976 que le Vatican prend un virage majeur avec l’apparition du premier véhicule spécialement aménagé pour le pape, aujourd’hui communément appelé papamobile. Le musée du Vatican, qui conserve les premiers modèles, précise néanmoins que ce terme familier n’était pas encore utilisé à l’époque. Le pape Paul VI fut le premier pape à l'utiliser pour ses déplacements occasionnels.
Son successeur, Jean-Paul Ier, refusa de l’adopter, préférant maintenir la tradition. Ce n’est qu’en 1979, sous le pontificat de Jean-Paul II, que la papamobile devient un élément central et permanent des déplacements papaux. Le souverain pontife choisit alors d’abandonner la sedia gestatoria. Les premiers modèles étaient conçus avec des toits ouverts, offrant une proximité directe avec les fidèles. Les premiers modèles conservent des toits ouverts, jusqu'au 13 mai 1981, lorsque Jean-Paul II est la cible d'un attentat à bord de sa Papamobile de la marque Fiat Campagnola. Comme l’explique le musée du Vatican, «immédiatement après l’attentat, le niveau de sécurité et de protection du Saint-Père a été relevé, de sorte que la papamobile se présenta dans une nouvelle version blindée».
Les grands noms de l’automobile donnent les clés de la papamobile
Difficile d’imaginer une papamobile sans une touche italienne. Dès 1980, lors de sa visite à Turin, Jean-Paul II s’était vu offrir par Fiat une Nuova Campagnola, qui fut utilisée comme papamobile pendant une année. Une marque également appréciée par le pape François. En septembre 2023, il avait choisi d’arpenter les rues de la cité phocéenne en Fiat 500. Un modèle déjà utilisé en 2015 lors de sa visite à New-York ou en 2022 à Bahreïn. Un véhicule qui s’adapte donc aux déplacements papaux internationaux. Lors de sa visite au Japon en 2019, le pape a également pu se déplacer à bord de deux Toyota Mirai développées sur mesure, dont l’une lui avait été offerte par le constructeur japonais.

Mercedes, n’est pas le premier constructeur à avoir offert une papamobile. Déjà en 2012, Renault présentait à Benoît XVI la première papamobile électrique au Vatican : une Kangoo blanche ornée des armoiries du Saint-Siège est destinée aux promenades dans les jardins de la résidence d'été de Castel Gandolfo.
Le pape François n’était pas réputé pour son goût du luxe. Comme l'indiquait un article du journal italien Corriere della Serra en 2023, le Saint-Père aurait toujours préféré les voitures traditionnelles aux voitures de luxe : «Le Pape François a fait de l'humilité l'un des nombreux traits distinctifs de son pontificat, et les voitures qui l'accompagnent sont aussi humbles et communes». En 2017, le célèbre constructeur automobile Lamborghini lui avait offert une magnifique Huracan, vendue aux enchères un an plus tard pour 715 000 euros. Une somme bien entendue reversée à des associations.




















