
Les funérailles du pape François se tiendront le samedi 26 avril, sur la place Saint-Pierre au Vatican. Des milliers de fidèles, ainsi que des dirigeants étrangers, sont attendus pour lui rendre un dernier hommage. Décédé lundi 21 avril, l’Argentin Jorge Mario Bergoglio était le premier pape sud-américain. Il restera également dans l’histoire comme le premier souverain pontife à avoir entrepris une profonde réforme de la Curie romaine, l’équivalent du gouvernement du Vatican.
Le plus petit Etat du monde, dirigé par le pape, était, jusqu’alors, marqué par plusieurs scandales financiers. Il faut dire que la transparence n’est pas de mise au sein du Vatican lui donnant la réputation, à l’étranger, de paradis fiscal. Le pape a d’abord remis de l’ordre au sein de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), surnommé la banque du Vatican.
La remise sur pied de la banque du Vatican
Fondée en 1942, l’IOR a été régulièrement mêlé à de grands scandales financiers, accusé notamment de faciliter le blanchiment d’argent. En 2021, un ex-dirigeant de la banque a été condamné à neuf ans de prison après s'être enrichi en vendant frauduleusement une vingtaine de biens immobiliers du Vatican. La banque est soumise depuis 2019 à des règles plus strictes en matière de transparence et de contrôle des comptes. Elle collabore désormais avec les autorités financières internationales. Pour ce faire, près de 5 000 comptes suspects ont été fermés. Désormais, seules les personnes et les institutions directement liées à l’Eglise catholique peuvent y ouvrir un compte.
En 2023, l’IOR, présentait un bénéfice net de 30,6 millions d’euros selon un communiqué de la banque qui se présente comme «une référence mondiale en matière d’investissements éthiques». L’Asif, l’Autorité de surveillance et d’information financière du Vatican, qui joue le rôle de gendarme financier, dit avoir traité moins d’«activités suspectes» en 2024 dans son rapport annuel publié le 9 avril 2025. Elle a reçu 79 déclarations de soupçons de fraudes contre 123 en 2023.
En parallèle, le Saint-Siège a mis en place en juillet 2022 une nouvelle politique visant à interdire tout investissement dans des secteurs liés à l'armement et la défense, la pornographie, les jeux d'argent, ou ceux de la santé impliqués dans l'avortement ou le développement de cellules souches embryonnaires.
Un budget tenu secret
Sous l’impulsion du pape François, les dicastères, sortes de ministères du Vatican, sont désormais tenus de mettre au point un budget. Le chef de l’Eglise catholique a mis en place une nouvelle Constitution apostolique, Praedicate Evangelium, promulguée le 19 mars 2022 et est entré en vigueur le 5 juin 2022. Elle vise notamment à améliorer l’organisation et la gestion financière de la Curie ainsi qu’à renforcer le rôle des dicastères.
Côté budget, les voyants sont au rouge. Le projet de budget pour 2025, initialement rejeté fin décembre par la commission des cardinaux chargée de la surveillance des finances, a finalement été adopté le 17 mars en commission. Les prévisions ont été revues à la baisse pour l’année en cours.
Par ailleurs, il est difficile d’évaluer précisément l’ampleur des difficultés financières du Vatican, qui n’est pas tenu de rendre publics ses comptes. Selon Le Figaro, le déficit budgétaire s’élevait à 83,5 millions d’euros en 2023, sur un budget total de 1,2 milliard. En 2022, il atteignait 78 millions d’euros. Pour 2024, les estimations évoquent un déficit compris entre 50 et 70 millions d’euros.
Toutefois, le dernier document officiel disponible à ce sujet remonte à août 2023. Ainsi, dans un communiqué, le Vatican indiquait que le déficit réel de 2022 était de 33 millions d’euros, inférieur aux 42 millions initialement prévus. Cette année-là, les recettes ont atteint 769,6 millions d’euros, pour des dépenses de 803 millions. Dans un entretien accordé à Vatican News, le père Antonio Guerrero, alors préfet du Secrétariat pour l'économie, déclarait vouloir «contenir les dépenses, sans réduire la charité du pape».
Le patrimoine du Vatican mis en vente
En 2021, le préfet du secrétariat à l’Economie expliquait que «le Saint-Siège réduit chaque année son patrimoine pour couvrir les services de la Curie romaine». Le Saint-Siège vend pour 20-25 millions d'euros de patrimoine en moyenne chaque année «car la mission du pape n'est pas suffisamment financée», rapporte l’AFP. Selon un document de l’administration du patrimoine du Saint-Siège (Apsa) datant de 2021, le Vatican possède 5 000 propriétés immobilières à travers le monde dont 4 000 en Italie. Seuls 14% d’entre elles sont louées au prix du marché, les autres présentent des prix moins élevés car réservés aux presque 5 000 employés du Vatican.
Le Saint-Siège éprouve également des difficultés concernant le fonds de pension de retraite des salariés créé par Jean-Paul II. Le pape François s’inquiétait de son «déficit important» dans une lettre adressée aux responsables de la Curie romaine, et rendue publique le 21 novembre 2024. Le montant du manque à gagner est estimé de 350 millions à 1 milliard d’euros selon Le Figaro. En ce qui concerne les dons, les fidèles se montreraient moins généreux ces dernières années. Le journal fait état d’environ 240 millions d’euros de contributions annuelles.



















