Pour les habitués de l’Autoroute blanche, entre Genève et les contreforts du Mont-Blanc, le paysage autoroutier s’apprête à changer radicalement. Oubliez les arrêts et les redémarrages pour payer votre dû, la société ATMB (pour “Autoroutes et tunnel du Mont-Blanc”) qui exploite cet axe, va faire sauter les barrières de péages. Ne rêvez pas, on ne parle pas de gratuité, mais de la mise en place des fameux “péages à flux libre”. Vous savez, ce sont ces systèmes de portiques qui identifient vos véhicules, calculent automatiquement les trajets que vous réalisez sur l'autoroute et les montants dont vous devez vous acquitter “après”, sur des plateformes ou chez votre buraliste. Le tout dans un délai de 72 heures, avant majoration. Cette nouvelle expérience en avait fait réagir plus d’un dans nos colonnes, vivement critiquée pour les lourdes conséquences financières subies.

Le péage à flux libre sur 58 kilomètres, déjà en travaux

A l’heure où nous écrivons ces lignes, plusieurs axes autoroutiers français ont déjà été convertis à cette technologie, comme l’autoroute A79 de Sazeret à Digoin, l’A4 entre Boulay et Moselle, l’A14 qui relie les Hauts-de-Seine aux Yvelines, ainsi que l’A13 entre Poissy et Caen. Après la Sanef, ATMB devient donc la seconde société d’autoroutes française à basculer son péage traditionnel avec barrière vers un système de perception digitale sans arrêt. Avec la petite particularité qu’à la différence des précédentes, cette autoroute à péage est… publique, puisque l’État est son principal actionnaire, à plus de 67% (aux côtés des départements de l’Ain et de la Haute-Savoie, et du canton et de la ville de Genève) ! Le conseil d’administration de cette société est d’ailleurs présidé par… Christophe Castaner, l’ancien ministre de l’intérieur du gouvernement d'Edouard Philippe.

Prévu au printemps 2027, ce dispositif à flux libre concernera une portion de 58 kilomètres de l’Autoroute blanche, entre Passy et Etrembières. Les travaux de préparation à l’arrivée des cinq portiques bardés de caméras et de capteurs pour lire les plaques des véhicules et détecter leur catégorie, leur point de départ et d'arrivée, ont démarré depuis le mois de mars. Les barrières traditionnelles de Cluses et Nangy, ainsi que les gares de péage en entrée et sortie de Scionzier et Bonneville seront totalement supprimées à la fin du chantier. D’ici là, les automobilistes qui franchiront ces portiques n’auront rien à changer à leurs habitudes de paiement. Le péage restera payable via le système actuel aux barrières, toujours en fonctionnement jusqu’à la bascule finale en flux libre.

Cette transformation coûtera environ 65 millions d’euros. ATMB estime le gain environnemental à 2 500 tonnes de CO2 en moins par an sur cet axe, pour une économie globale de carburant de plus d’1 million de litres par an. L’exploitant rappelle aussi les autres avantages, comme la réduction des risques d’accrochage et du stress pour trouver la bonne voie de péage, et la décongestion du trafic, surtout lors des week-ends prolongés, des retours de ski le dimanche et des départs en vacances.

Il faut tout de même craindre un joyeux bazar, comme au début de la bascule vers le nouveau système, dans le cas de la Sanef. Car l’autoroute A40 en flux libre représentera environ 175 000 transactions par jour enregistrées par les portiques, pour un trafic moyen de 33 000 véhicules. Ce qui imposera de préférence une très bonne communication en amont, et des consignes les plus visibles possible sur les abords des voies.

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