Vous avez tout intérêt à ranger votre smartphone dans votre poche avant de conduire. Car si vous téléphonez pendant que vous conduisez, le risque d’accident est multiplié par 3, et par 23 si vous lisez un SMS... Des chiffres qui font réfléchir sur notre comportement au volant, mais qui ne semblent en tout cas pas le faire suffisamment… Selon le dernier rapport de la Sécurité routière, 390 personnes ont en effet été tuées en un an à cause du téléphone au volant. Gilles Clavreul, préfet des Landes, lui, évoque même 16 morts à cause de ce défaut d'attention depuis le début de l'année sur les routes de son département (soit 5 de plus qu'en 2021), en plus des 3 200 conducteurs verbalisés cette année pour usage de téléphone au volant. Pour éradiquer ce fléau, le média Sud Ouest annonce que l’élu souhaite opter pour une solution radicale. Il veut suspendre le permis de conduire des automobilistes qui en font l’usage en conduisant. Une pilule difficile à avaler, d’autant que la suspension administrative peut courir jusqu’à six mois. Pour l’instant, il s’agit d’une phase d’expérimentation, qui débutera au mois octobre. Ensuite, «si les comportements n'évoluent pas, le préfet pourra alors prononcer la suspension administrative du permis de conduire» à compter du mois de novembre, est-il indiqué sur le compte X de la préfecture landaise.

La suspension du permis, en sus de l'amende et du retrait de points

En clair, cette mesure sera appliquée progressivement avec une première phase pédagogique qui s'étendra sur 4 à 6 semaines, durant laquelle les conducteurs surpris avec téléphone en main seront prévenus du risque de suspension par les forces de l’ordre (policiers et gendarmes). Ces automobilistes se verront adresser un avertissement préfectoral, en sus de l’amende de 135 euros à payer et le retrait des 3 points de permis, déjà en vigueur. Et la deuxième étape, après cette période, consistera donc à verbaliser, et le préfet pourra alors suspendre les permis de conduire. Une première en France, mais qui pourrait donner des idées à d’autres préfectures…

Pour des associations de victimes de la route, cette mesure radicale concernant le permis pourrait être une bonne chose et servir d’exemples au niveau national, qui sait. À noter que la mesure du préfet des Landes est mise en place en application de l'article L224-7 du Code de la route de la peine complémentaire de suspension du permis de conduire. En revanche, Jean-Baptiste Josca, avocat, spécialiste du droit routier et porte-parole de 40 millions d'automobilistes, parle plutôt d’une mesure excessive au micro de RTL, de «faute légère». Il recommande de faire de la pédagogie sur ce comportement dangereux plutôt que de réprimer. «Le but n’est pas de sanctionner pour sanctionner, insiste Gilles Clavreul. Pour lui, il s’agit de prendre une mesure forte «pour faire comprendre que ce n’est pas acceptable de perdre 30 de nos concitoyens chaque année sur les routes des Landes.»

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