Stellantis va engager une vaste cure d’amaigrissement industrielle en Europe. Dans le cadre de son «plan stratégique de 60 milliards d'euros pour accélérer sa croissance et sa rentabilité», le constructeur automobile prévoit une baisse de plus de 800 000 unités de production sur le Vieux Continent d’ici 2030. Une annonce qui a immédiatement provoqué une forte réaction des marchés financiers, avec une chute de plus de 6% du titre en Bourse, rapporte BFM Business. Présenté ce jeudi 21 mai, ce plan vise à améliorer la rentabilité du groupe franco-italo-américain et à adapter son outil industriel à une demande jugée insuffisamment rentable en Europe.

Selon une source industrielle, cette réduction représenterait environ 20% des capacités européennes actuelles, estimées à près de 4 millions d’unités. Pour y parvenir, Stellantis prévoit la reconversion de plusieurs sites industriels, dont celui de Poissy en France, ainsi que le développement de partenariats avec des constructeurs chinois. Des accords ont notamment été annoncés avec Leapmotor en Espagne et Dongfeng en Europe, dans une logique de partage de sites et de montée en charge des usines.

Cap sur l’Amérique du Nord

Le groupe entend ainsi relever «le taux d’utilisation» de ses capacités de production «de 60% à 80%» d’ici 2030. Malgré ces ajustements, Stellantis assure dans un communiqué vouloir «préserver les emplois industriels». Ce recentrage s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la compétitivité du groupe face à la concurrence mondiale et à améliorer ses marges après une période de résultats dégradés. Dans le même temps, Stellantis réoriente fortement ses investissements vers l’Amérique du Nord, qui concentrera environ 60% des 36 milliards d’euros dédiés aux marques et aux produits.

Le groupe y prévoit une hausse de 25% de son chiffre d’affaires et le lancement de plusieurs nouveaux modèles à prix plus accessibles. En Europe élargie (avec le Royaume-Uni, la Suisse et la Norvège), Stellantis vise une croissance de 15% du chiffre d’affaires et une marge d’exploitation comprise entre 3 et 5%, notamment grâce à des véhicules électriques compacts bon marché. Le constructeur accélère également sa transformation industrielle en réduisant les cycles de développement des modèles à 24 mois, contre jusqu’à 40 mois actuellement, et en concentrant sa production sur trois plateformes technologiques d’ici 2030, dont la nouvelle architecture STLA One.

Le plan stratégique donne une priorité claire à Jeep, Ram, Peugeot et Fiat, qui concentreront l’essentiel des investissements et des nouveaux lancements. Les autres marques du groupe seront repositionnées selon des logiques régionales ou de spécialité. Stellantis multiplie par ailleurs les partenariats technologiques dans les domaines des logiciels, de l’intelligence artificielle, des batteries et de la conduite autonome, avec des acteurs comme Nvidia, Qualcomm ou encore Mistral AI.

>> Notre service - Faites des économies en testant notre comparateur d'assurances auto