C’est un combat qu’il mène depuis déjà plusieurs mois. Donald Trump veut faire baisser le prix des médicaments sur le sol américain, quasiment trois fois plus élevés que dans d’autres pays développés, selon un rapport du département de la santé et des services sociaux, datant de 2024. Pour cause, aux Etats-Unis, les prix des médicaments ne sont pas régulés au niveau national. Chaque laboratoire fixe librement son tarif puisque le remboursement des médicaments est assuré par des compagnies d’assurances et de santé privées.

À l’inverse, au sein de l’Union européenne, les tarifs sont négociés pays par pays directement par des organismes de sécurité sociale, ce qui permet de bénéficier de prix plus bas. Donald Trump veut donc mettre fin à cet avantage.«L’Europe va devoir payer un peu plus» pour compenser, a-t-il averti. Et, le président américain se montre ambitieux : «Les prix de certains médicaments sur ordonnance et produits pharmaceutiques baisseront presque immédiatement de 50 à 80 ou à 90%» pour les Américains, avait-il promis mi-mai, lors de la présentation de son plan pour réduire considérablement les prix des médicaments vendus outre-Atlantique. Sa stratégie reposait avant tout sur des discussions avec les groupes pharmaceutiques, qui s’étaient jusqu’ici fermement opposés à toute réduction tarifaire.

Pfizer s’engage à baisser ses prix aux Etats-Unis

Selon le milliardaire, les citoyens américains paieraient de leur poche le prix de l’investissement dans l’innovation, les tarifs étant trop bas en Europe pour participer à l'effort de recherche et de développement. Les laboratoires sont du même avis. En avril 2025, 32 laboratoires ont envoyé une lettre à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lui demandant de renforcer l’attractivité de l’UE en matière de recherche et de développement.

Début août, Donald Trump a envoyé des courriers à 17 entreprises pharmaceutiques, dont AstraZeneca, Novartis, Pfizer, Novo Nordisk ou encore le français Sanofi. L’objet de ces missives : réduire leurs prix de vente de médicaments sous peine de représailles. «Si vous refusez d'agir, nous déploierons tous les moyens à notre disposition pour protéger les familles américaines contre les pratiques abusives en matière de prix des médicaments», a écrit le président américain dans ces lettres. Il leur donne jusqu'au 29 septembre pour présenter des «engagements fermes» en ce sens.

Sa campagne a porté ses fruits puisque, fin septembre, Donald Trump a signé un accord avec le laboratoire américain Pfizer pour faire baisser le prix de certains médicaments aux Etats-Unis. Pfizer a aussi annoncé un investissement de 70 milliards de dollars dans ses infrastructures aux Etats-Unis, en échange d’une exemption de droits de douane, alors que le président américain menace le secteur depuis plusieurs mois. Le républicain a en effet récemment brandi une possible taxe de 100% sur tout médicament breveté importé à compter du 1er octobre, à moins que les laboratoires ne construisent des sites de production aux États-Unis. «Nous allons maintenant payer les prix les plus bas», a assuré le chef d’Etat, selon qui «les grands gagnants» seront «clairement les patients américains».

Les grands perdants seront sûrement les patients européens. Car si les prix diminuent aux Etats-Unis, ils pourraient bien augmenter ailleurs dans le monde, et particulièrement là où ils sont les plus bas, notamment en France, où les prix sont souvent les plus bas de l’UE. Donald Trump entend aligner les prix américains sur les plus bas du marché mondial, en appliquant la clause dite de la «nation la plus favorisée».