Meta a officiellement annoncé que vos interactions avec ses outils d’IA, textuelles ou vocales, serviront désormais à personnaliser les publicités sur Facebook, Instagram et WhatsApp. À compter du 16 décembre prochain, chaque question posée à Meta AI, chaque image générée ou chaque relance de conversation pourra se transformer en une nouvelle donnée publicitaire.

La firme, dont le modèle économique repose à 98 % sur la publicité, trouve ici un moyen redoutable de rentabiliser ses efforts et de valoriser la mine d’or que représentent déjà le milliard d’utilisateurs mensuels de ses fonctionnalités d’IA.

Comment ça marche ?

Concrètement, si vous discutez de vos prochaines vacances à la montagne avec Meta AI, ne soyez pas surpris de voir fleurir des publicités pour des chaussures de randonnée ou des suggestions de groupes de trekking dans votre fil d'actualité.

L'entreprise présente cette évolution comme une amélioration de l'expérience utilisateur. Christy Harris, responsable de la confidentialité chez Meta, parle d’un "prolongement de nos efforts de personnalisation", assurant que les utilisateurs verront ainsi "du contenu qui les intéresse réellement, et moins de contenu qui ne les intéresse pas". L'argumentaire est bien rodé, mais n'oublions pas la finalité commerciale de cette nouvelle surveillance à grande échelle.

Collecte de données sans échappatoire

Aucune option de retrait n'est prévue. Meta commencera à informer ses utilisateurs de ce changement via des notifications et des e-mails à partir du 7 octobre, mais il sera impossible de s’y opposer. La seule échappatoire ? Cesser purement et simplement d’utiliser les fonctionnalités de Meta AI.

Les utilisateurs conserveront le contrôle sur leurs préférences publicitaires via les réglages existants. En revanche, la collecte initiale des données issues des conversations avec l'IA, elle, sera automatique pour quiconque interagira avec l'outil. C’est un changement de paradigme : jusqu’à présent, ces données servaient officiellement à entraîner et améliorer les modèles de langage de l'entreprise.

Meta promet que les sujets jugés sensibles ne seront pas exploités à des fins publicitaires. Les informations relatives à la religion, l’orientation sexuelle, les opinions politiques, la santé ou encore l’origine ethnique seraient ainsi exclues du ciblage.

L’Europe épargnée, mais pour combien de temps ?

Bonne nouvelle pour le Vieux Continent : les habitants de l’Union européenne, du Royaume-Uni et de la Corée du Sud ne sont pas concernés par cette mise à jour. Pour l'instant du moins. Les régulations strictes en matière de protection des données, comme le RGPD, offrent un sursis. Cependant, la mention "pour le moment" laisse la porte ouverte à un déploiement ultérieur, une fois que Meta aura trouvé un moyen de se conformer aux législations locales.