
Alors que les vacances d’été approchent, les risques de pénuries de carburants routiers comme aériens pour cette période n’ont jamais été aussi élevés. La guerre entre l’Iran et les États-Unis continue de faire peser la crainte que les difficultés d’approvisionnement ne persistent dans les mois à venir. Vendredi 24 avril, Patrick Pouyanné avait déjà évoqué le risque d’une «ère de pénurie énergétique comme celle que subissent déjà certains pays asiatiques», dans le cas où le blocage du détroit d’Ormuz se prolongerait encore deux ou trois mois, rappelle Sud-Ouest.
Pour rappel, le détroit d’Ormuz est fermé aux navires depuis le début du conflit entre l’Iran et les États-Unis, fin février. C’est par ce détroit que passent environ 20 % des cargaisons d’hydrocarbures mondiales. Depuis le début du conflit, ces cargaisons sont bloquées par l’Iran mais aussi par les États-Unis, qui ont imposé un blocus sur les ports iraniens. Sans changement de ce côté, selon le PDG de TotalEnergies Patrick Pouyanné, le monde ne pourra fonctionner durablement avec ce blocus. Toutefois, le gouvernement tente de calmer les inquiétudes. De son côté, Emmanuel Macron assure que l’état du conflit ne fait risquer «aucune pénurie» pour l’heure, et demande à éviter «les comportements de panique».
L’été fait craindre une forte hausse de la demande
Pour Patrick Pouyanné, c’est d’abord l’été prochain qui provoque l’inquiétude. Rythmée par les nombreux départs en vacances et la consommation accrue en carburants aux États-Unis comme en Europe, la période pourrait bien provoquer une pénurie inédite. D’autant que la guerre en Iran a provoqué le blocage de 11 millions de barils de pétrole par jour, d’après les informations de l’Agence internationale de l’énergie.
Pour le moment, la tension est contenue dans les stations-service françaises, puisque 4 % d’entre elles ont connu des ruptures, sur au moins un carburant. Mais selon plusieurs experts, si le conflit s’installe dans la durée, cette tension pourrait rapidement grimper. Par ailleurs, ces tensions ne concernent pas seulement les marchés européens. L’Asie est aussi en concurrence pour tenter de sécuriser ses approvisionnements en carburants. Et dans une telle situation, selon un énergéticien anonyme interviewé par Sud-Ouest, l’Europe pourrait bien être contrainte de «surpayer» pour éviter les pénuries. Enfin, selon certains observateurs, un risque de manque de diesel et de kérosène existe bel et bien pour l’été 2026. Mais pour l’heure, la Commission européenne a évoqué ses outils pour lutter contre la crise énergétique : augmenter la production des raffineries, surveiller de près son approvisionnement en kérosène, ou encore électrifier pour moins dépendre du pétrole et du gaz.


















