Si vous faites partie des 23 millions d’utilisateurs français de Vinted, redoublez de vigilance. Une nouvelle arnaque circule sur la célèbre plateforme de vente d’articles d’occasion : certains acheteurs utilisent des images générées par intelligence artificielle pour réclamer des remboursements frauduleux. Le but ? Obtenir l’argent tout en conservant le produit envoyé, laissant le vendeur sans compensation. Le phénomène a été signalé par le journaliste Vincent Lautier, alias «Paingout» sur X, et relayé par Le Parisien.

Il raconte la mésaventure d’une amie qui avait vendu un livre, intitulé «La cuisine des sorciers», sur Vinted. Quelques jours après l’envoi de l’article, elle reçoit une réclamation affirmant que le livre est arrivé abîmé, accompagnée d’une photo montrant l’ouvrage apparaissant endommagé. Une image qui saute immédiatement aux yeux de Vincent Lautier ; selon lui, elle ne pouvait être que générée par IA. «On dirait une sorte de vieux grimoire ancien qui aurait passé quelques siècles dans un vieux manoir humide», commente-t-il.

Jusqu’à deux ans de prison et une lourde amende

L’utilisation de l’IA sur Vinted n’est pas interdite. Certains utilisateurs s’en servent pour mettre en scène des objets et parfois les vendre plus cher. La plateforme autorise cette pratique tant qu’elle reste «conforme à nos Conditions générales et qu’elle reflète fidèlement l’article vendu», explique Vinted auprès de nos confrères. Mais toute tentative de fraude via des images falsifiées ou des preuves trompeuses est strictement interdite.

Dans le cas signalé, malgré l’envoi de photos montrant le produit d’origine, Vinted a donné raison à l’acheteuse, estimant que l’article n’était pas correctement emballé. La plateforme assure examiner chaque litige au cas par cas et disposer «d’un certain nombre d’outils pour détecter les fraudes et contenus potentiellement falsifiés». Depuis la publication de l’affaire, de nombreux utilisateurs ont témoigné d’expériences similaires, certains perdant plusieurs dizaines d’euros sur des ventes de cartes Pokémon ou d’autres objets. En France, ce type de fraude peut être puni de jusqu’à deux ans de prison et 300 000 euros d’amende.