
Selon les données du ministère de la Justice, 65% des actions engagées par les locataires concernent la non-restitution du dépôt de garantie, un contentieux largement lié à l’état des lieux de sortie. Dans ce contexte sous tension, la fiabilité de ce document devient un enjeu central pour les propriétaires, tant les désaccords portent sur l’appréciation de l’usure, des dégradations ou de la responsabilité des travaux.
«L’objectif est aussi de faire gagner du temps aux propriétaires, sans sacrifier la précision du constat», souligne Bruno Cantegrel, à l’origine du développement de Monsieur Hugo, une plateforme d’intelligence artificielle au service de la gestion locative.
Objectiver les constats sans remplacer l’humain
Contrairement à une automatisation totale, l’état des lieux assisté par IA repose sur une interaction entre l’utilisateur et la technologie. Le propriétaire ou le gestionnaire prend des photos, filme et décrit les éléments observés. Ces données (images, vidéos et dictée vocale) sont ensuite analysées par l’IA, qui identifie les pièces, les équipements et les dégradations visibles.
Pour les logements loués meublés, l’outil facilite notamment l’état des lieux d’entrée : l’inventaire peut être constitué simplement par dictée vocale, les équipements étant automatiquement reconnus et listés.
Les informations collectées sont consolidées dans un rapport structuré, assurant une traçabilité numérique complète et des preuves horodatées. À la sortie, l’IA compare automatiquement les constats avec ceux de l’entrée et met en évidence les écarts. Sans arbitrer la responsabilité juridique, laissée à l’appréciation du propriétaire au regard des grilles de vétusté et du contrat, la digitalisation du processus permet de constituer un dossier de preuves opposable, utile en cas de désaccord persistant, notamment devant une commission de conciliation ou une juridiction.
«Le problème se concentre presque exclusivement à l’état des lieux de sortie, lorsqu’il faut déterminer qui est responsable de quoi. L’IA permet surtout d’apporter des éléments factuels là où, jusque-là, tout reposait sur l’interprétation», souligne Bruno Cantegrel.
Au-delà de la fiabilité des constats, l’intelligence artificielle apporte aussi un gain de productivité significatif. D’après les tests réalisés par l’entreprise, le temps nécessaire à la préparation d’un état des lieux peut être divisé par quatre, passant d’environ une heure à une quinzaine de minutes. Encore marginales, ces solutions illustrent néanmoins une tendance de fond : l’IA devient progressivement un outil d’aide à la décision pour les bailleurs.



















