«Soutenir les plus fragiles, ceux dont la trésorerie est la plus exposée, ceux qui sont aujourd’hui en danger». Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, Roland Lescure a détaillé les mesures en direction des secteurs les plus touchés par la hausse des prix des carburants, à savoir les secteurs des transports routiers de marchandises et voyageurs, mais aussi de la pêche et de l’agriculture.

«Elles ne sont prévues que pour le mois d’avril, à ce stade. Nous les adapterons en fonction de l’évolution de la crise», a assumé le ministre de l’Economie, qui affirme que sa ligne de conduite est de proposer des mesures «ciblées», au cas par cas, comme l’explique BFMTV, qui détaille cette interview. Il a tout de même promis des «mesures de soutien au pouvoir d’achat des ménages» dans les prochaines semaines. Le ministre parle notamment du «chèque énergie pour 3,7 millions de foyers, d’un montant moyen de 150 euros», dès le 1er avril, «ainsi qu’une hausse de la prime d’activité actée dans le budget 2026, qui permettra d’atténuer pour celles et ceux qui ont des rémunérations modestes l’impact de la hausse des prix du carburant».

Des pays européens ont abaissé leur TVA sur le carburant

«La question qui se pose, c’est : comment partager ce coût ? Nous souhaitons que ce soit de la manière la plus juste possible», a déclaré le locataire de Bercy. Mais plusieurs organisations professionnelles estiment que ces annonces sont «insuffisantes». C’est pourquoi la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) a plaidé pour un «élargissement» de ces dernières. «70 millions d'euros d'aides, ce ne sont pas des miettes, une aide équivalente à 20 centimes d’euro par litre de gazole non plus», leur a répondu Roland Lescure.

D’autres Etats européens ont pris davantage de mesures, en abaissant par exemple leur TVA sur le carburant. «Face à un choc d’offre, il est inefficace de subventionner la demande», selon le ministre de l’Economie. «Je suis très réticent vis-à-vis des mesures de blocage des prix. Ils engendrent soit des hausses de prix, soit de la pénurie. D’autre part, une baisse de la fiscalité de 10 centimes d’euro par litre – essence, fioul et gazole – coûterait près de 6 milliards d’euros à l’État et donc potentiellement à tous les Français», ajoute-t-il.