
Roland Lescure fait machine arrière. Devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale, mardi 24 mars, le ministre de l’Économie était revenu sur la situation actuelle au Moyen-Orient, et notamment celle autour du détroit d’Ormuz où le trafic maritime est totalement paralysé depuis le début des bombardements israélo-américains sur l’Iran, ce qui était une mauvaise nouvelle «pour les comptes de la France», rapporte BFMTV. Insistant sur la situation, le locataire de Bercy avait alors déclaré : «C’est un choc pétrolier. On en a connu une dizaine depuis 50 ans […] L’hypothèse d’une crise passagère n’est malheureusement plus d’actualité.»
Pourtant, vingt-quatre heures plus tard, retournement de situation avec un changement de discours bien différent de ses précédents propos. À l’issue du Conseil des ministres ce mercredi 25 mars, le membre de l’exécutif a ainsi dit «regretter» l’emploi de l’expression «choc pétrolier» pour évoquer les effets de la guerre en Iran en France. Pour Roland Lescure, ce terme ne s’appliquerait qu’à la situation internationale «mais en aucun cas à la situation française». En effet, pour le ministre, notre pays serait mieux préparé que les autres pays concernés par l’arrêt des livraisons de pétrole, et donc «moins exposé que ses voisins européens, et a fortiori évidemment que les pays asiatiques qui sont directement concernés».
Vers une fin rapide de la crise ?
Invité la veille sur France Inter où il était déjà revenu sur l’utilisation de cette expression de «choc pétrolier», Roland Lescure n’était toutefois pas allé jusqu’à la regretter. «Je voulais illustrer l’ampleur de ce qu’on vit aujourd’hui, on ne va pas traverser un moment facile», s’était-il notamment justifié auprès de nos confrères, tout en affirmant qu’il ne voulait pas donner l’impression «qu’on va passer à travers».
Pour rappel, l’utilisation de l’expression «choc pétrolier» renvoie aux années 1970, époque lors de laquelle le cours du pétrole avait quadruplé en quelques mois lors de la guerre du Kippour, en 1973. Pour autant, si aujourd’hui le prix du baril de pétrole connaît une nette augmentation, il reste difficile de pouvoir évoquer un tel terme pour parler de la situation en France puisque, selon le gouvernement, près de 97% des stations-service fonctionnent sans aucune pénurie, ni files d’attente interminables de voitures. La situation pourrait d’ailleurs évoluer plus rapidement que prévu après les récentes annonces de Téhéran. L’Iran a en effet affirmé ce mardi 24 mars que tous les navires «non-hostiles» ont désormais la possibilité d’emprunter le détroit d’Ormuz.



















