
Sommaire
- Comment définir le pouvoir d’achat ?
- Quelles sont les principales composantes du pouvoir d’achat ?
- Quel est le pouvoir d’achat des Français ?
- Comment se calcule le pouvoir d’achat ?
- Comment évolue le pouvoir d’achat globalement ?
- Quand le pouvoir d’achat augmente-t-il ?
- Qu’est-ce que l’allocation exceptionnelle de pouvoir d’achat ?
Comment définir le pouvoir d’achat ?
Pouvoir d’achat : définition de l’Insee
Selon l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques), le pouvoir d’achat est la quantité de biens et de services que l’on peut acheter avec une “unité” de salaire. En résumé, c’est la quantité de biens et de services qu’un revenu permet d’acquérir.
Facteurs influençant le pouvoir d’achat
Le pouvoir d’achat dépend principalement de deux variables : le niveau des revenus et le niveau des prix. Lorsque les revenus augmentent plus vite que les prix, le pouvoir d’achat s’améliore. À l’inverse, si les prix augmentent plus rapidement que les revenus, le pouvoir d’achat diminue.
Unité de consommation : principe
Les unités de consommation (UC) sont une méthode utilisée pour comparer les niveaux de vie des ménages de tailles et de compositions différentes. Ce système permet de pondérer les membres d’un ménage en fonction de leur contribution aux besoins globaux du foyer. Cela facilite l’analyse de la consommation et du pouvoir d’achat.
Quelles sont les principales composantes du pouvoir d’achat ?
Revenus nominaux
Les revenus nominaux représentent la valeur absolue des ressources financières perçues par un ménage, sans prendre en compte l’inflation ou l’évolution des prix. Ces revenus incluent :
- les salaires ;
- les revenus du capital (dividendes, intérêts bancaires, loyers perçus) ;
- les allocations et prestations sociales ;
- les pensions de retraite ou d’invalidité ;
- les autres revenus courants (activité indépendante, primes exceptionnelles, etc.).
Les revenus nominaux sont une base de calcul pour évaluer le pouvoir d’achat, mais ils ne reflètent pas à eux seuls la réalité économique ressentie par les ménages, car ils doivent être ajustés en fonction des prix et des dépenses incompressibles.
Niveau général des prix
Mesuré par des indices comme l’indice des prix à la consommation (IPC), il représente l’évolution des prix des biens et services consommés par les ménages. L’indice des prix ne tient pas compte des remboursements des emprunts immobiliers ou des crédits à la consommation qui sont assimilés à des opérations financières.
Revenus réels
Les revenus réels sont obtenus en ajustant les revenus nominaux à l’évolution des prix. Ils représentent donc la capacité effective d’achat d’un individu ou d’un ménage en tenant compte de l’inflation. C’est la composante fondamentale pour mesurer le pouvoir d’achat, car ils traduisent ce que l’on peut réellement acquérir avec un revenu donné.
Quel est le pouvoir d’achat des Français ?
Évolution du pouvoir d’achat en France en 2024
Au premier trimestre, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut (RDB) des ménages par unité de consommation a augmenté de 0,5 %. Cette progression est attribuée à une augmentation de 1,2 % du RDB, soutenue par la revalorisation des retraites de base au 1ᵉ janvier et des prestations sociales.
Au troisième trimestre 2024, le pouvoir d’achat du RDB par unité de consommation a accéléré, enregistrant une hausse de 0,7 % après +0,4 % au trimestre précédent. Cette amélioration est liée à une augmentation de 0,9 % du RDB en euros courants, tandis que le prix de la consommation des ménages est resté quasi stable (+0,1 % après -0,1 %).
De grandes disparités entre les ménages
Malgré cette tendance générale à la hausse, des disparités significatives persistent entre les ménages, en fonction de leurs sources de revenus et de leur situation géographique. Les ménages modestes et ceux résidant en zones rurales continuent de ressentir une pression sur leur pouvoir d’achat, notamment en raison de l’augmentation des dépenses contraintes.
Une baisse des dépenses observée
En dépit de l’amélioration du pouvoir d’achat, une proportion significative de Français demeure prudente dans ses dépenses. Une enquête de l’UFC-Que Choisir indique que deux tiers des Français limitent toujours leurs achats, reflétant une perception persistante de fragilité économique.
Prévisions pour 2025
Selon les projections de la Banque de France, l’inflation devrait reculer à +1,5 % en 2025, après +2,5 % en 2024, en raison de la baisse annoncée des prix de l’électricité. Cette désinflation permettrait une progression des salaires réels, soutenant ainsi les gains de pouvoir d’achat et la consommation des ménages.
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Comment se calcule le pouvoir d’achat ?
Formule générale du calcul du pouvoir d’achat
Pour calculer l’évolution du pouvoir d’achat, l’Insee utilise deux notions clés : le revenu des consommateurs et l’évolution des prix. À noter que la liste de produits suivis par l’Insee n’est pas rendue publique afin d’éviter une manipulation éventuelle par les grandes enseignes ou par les pouvoirs publics.
Cela correspond à la formule suivante : Pouvoir d’achat = Indice des prix à la consommation (IPC)/Revenu disponible brut (RDB).
Revenu disponible brut des ménages
À partir du revenu disponible brut, l’Insee extrapole une notion de revenu “arbitrable”. Elle sert de base au calcul du pouvoir d’achat. Il s’agit du revenu disponible, déduction faite des dépenses pré-engagées (ou contraintes) : loyer, chauffage, assurances, abonnements internet, téléphonie mobile, etc.
Selon l’Insee, la proportion de ces dépenses pré-engagées a été multipliée par deux en 50 ans, ce qui a considérablement réduit la latitude financière des ménages.
Prise en compte de l’inflation et de la déflation
L’indice des prix à la consommation calculé par l’Insee détermine la variation du niveau général des prix des biens et services consommés par les ménages entre deux périodes. Si cette évolution est positive, on parle d’inflation, si elle est négative, on parle de déflation.
Une forte inflation associée à une croissance économique faible peut donner lieu à une stagflation. Le pouvoir d’achat des ménages en est alors très impacté.
Exemple de calcul
Imaginons un revenu disponible brut de 30.000 euros sur l’année et ne hausse générale des prix (IPC) de 3 % par rapport à l’année précédente. Le pouvoir d’achat en valeur réelle se calcule comme suit : Pouvoir d’achat = 30 0001 + 0,03 = 30 000 ÷ 1,03 ≈ 29.126 euros. Ainsi, le revenu réel permet d’acheter l’équivalent de 29.126 euros de biens et services.
Limites du calcul du pouvoir d’achat
Les chiffres d’inflation sont mis en cause, parce qu’ils sous-évaluent le poids des dépenses de logement, ce qui minorerait la hausse des prix. Certains experts reprochent à la méthode de ne pas prendre en compte le remboursement du capital emprunté pour un achat immobilier, ce qui revient à gonfler la hausse du pouvoir d’achat.
Pour sa part, l’Insee estime qu’il est logique que le remboursement du capital des emprunteurs immobiliers ne soit pas pris en compte dans l’IPC, puisqu’il s’agit d’un investissement, et pas d’un bien de consommation.
Comment évolue le pouvoir d’achat globalement ?
Évolution du pouvoir d’achat
L’évolution du pouvoir d’achat peut, suivant les périodes, être plus ou moins forte par catégories de ménages, par exemple du fait du niveau des prélèvements fiscaux ou de l’attribution des aides sociales sous condition de revenus.
D’après l’Insee, le pouvoir d’achat des ménages a progressé d’environ 5 % par an jusque dans les années 1970. Il a ensuite fortement ralenti. Sa progression n’a été que très faible entre 2008 et 2017. Des périodes de baisse ont même été enregistrées au début des années 1980 ou en 2012.
Ainsi, en 2012, le pouvoir d’achat des ménages français a reculé de -0,4 % sous le double effet de la hausse des prélèvements obligatoires et de l’assagissement des salaires.
Composition des foyers en unités de consommation
L’évolution du pouvoir d’achat réel est mesurée par unité de consommation (UC). Dans un foyer :
- le premier adulte représente une unité de consommation ;
- une personne supplémentaire âgée de plus de 14 ans compte pour 0,5 unité de consommation ;
- chaque enfant de moins de 14 ans vaut 0,3 unité de consommation.
Selon l’Insee, le calcul par UC exprime mieux les situations individuelles. En effet, deux personnes vivant sous le même toit n’ont pas besoin d’un revenu double pour faire face aux dépenses de la vie courante.
Quand le pouvoir d’achat augmente-t-il ?
Augmentation des revenus nominaux
Le pouvoir d’achat augmente lorsque les revenus perçus par les ménages progressent plus rapidement que les prix. Cela peut être dû à une hausse des salaires résultant de négociations ou de revalorisations, de primes exceptionnelles… De plus, les prestations sociales jouent un rôle clé lorsqu’elles sont revalorisées pour suivre l’inflation.
Enfin, la réduction des impôts sur le revenu ou des charges sociales augmente directement le revenu disponible des ménages, leur permettant de consommer davantage ou d’épargner.
Baisse du niveau général des prix (déflation ou désinflation)
Une diminution des prix, ou une inflation plus modérée, contribue à l’amélioration du pouvoir d’achat, car elle permet aux ménages d’acquérir plus de biens avec un revenu identique. Cela se produit notamment lors de périodes de désinflation, lorsque les prix continuent de croître, mais à un rythme plus faible que celui des revenus.
À l’inverse, en situation de déflation (baisse généralisée des prix), les ménages voient leur pouvoir d’achat augmenter même sans variation de salaire. Mais, le pouvoir d’achat progresse surtout lorsque la hausse des prix reste limitée.
Réduction des dépenses contraintes
Une réduction des dépenses contraintes permet aux ménages de dégager une part plus importante de leur revenu pour des dépenses discrétionnaires. Ces dépenses incompressibles incluent le logement, l’énergie, les assurances et les taxes.
Leur diminution peut résulter d’une baisse des prix de l’électricité, du gaz ou des carburants, etc. Par ailleurs, les politiques publiques, comme les boucliers tarifaires ou les aides au logement, allègent aussi ces charges, en particulier pour les plus modestes.
Amélioration de la productivité
En augmentant la production sans accroître proportionnellement les coûts, les entreprises peuvent offrir des salaires plus élevés ou réduire les prix. Cette dynamique vertueuse repose sur les innovations technologiques, les gains d’efficacité dans les processus de production et la formation continue des travailleurs.
Politiques publiques favorables
Les politiques publiques et projets de loi jouent un rôle déterminant dans l’évolution du pouvoir d’achat, en agissant à la fois sur les revenus et sur les prix. Par exemple, la baisse des impôts sur le revenu ou des cotisations sociales permet aux consommateurs de conserver une plus grande part de leurs revenus.
De même, les revalorisations des salaires minimums, des retraites ou des prestations sociales assurent une meilleure protection contre l’inflation.
Contexte économique favorable
Un environnement économique dynamique contribue à l’augmentation du pouvoir d’achat. Lorsqu’une économie est en croissance, elle crée davantage d’emplois et génère des augmentations de salaire liées à une plus forte demande de main-d’œuvre. Dans un tel contexte, les ménages bénéficient d’une plus grande stabilité financière.
Qu’est-ce que l’allocation exceptionnelle de pouvoir d’achat ?
Prime Macron
L’allocation exceptionnelle de pouvoir d’achat, souvent appelée prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (PEPA) ou encore prime Macron, est une aide financière ponctuelle versée par les employeurs à leurs salariés afin de soutenir leur pouvoir d’achat, notamment en période de forte inflation ou de difficultés économiques.
Mise en œuvre dans les entreprises
L’allocation exceptionnelle de pouvoir d’achat repose sur une décision unilatérale de l’employeur ou peut faire l’objet d’un accord d’entreprise ou de branche. Elle constitue un outil de dialogue social, car elle permet aux employeurs d’adapter le montant de la prime selon les résultats économiques de l’entreprise et les besoins des salariés.
Un outil exceptionnel et temporaire
Cette prime a été mise en place pour la première fois en 2018, en réponse à la crise sociale marquée par le mouvement des Gilets jaunes. Elle a un caractère exceptionnel et ponctuel, même si elle a été renouvelée plusieurs fois avec des ajustements selon les contextes économiques.
Par exemple, elle a été largement utilisée en 2022 et 2023 pour faire face à la flambée de l’inflation et à l’augmentation des prix de l’énergie. En 2023, elle a évolué vers la prime de partage de la valeur (PPV), un dispositif similaire, mais pérennisé, qui vise à encourager le partage des profits au sein des entreprises.


















